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BERLINALE 2008 :
THERE WILL BE BLOOD

de Paul Thomas Anderson
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Lorsque Daniel Plainview entend parler d’une petite ville de Californie où l’on dit qu’un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d’aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l’unique distraction est l’église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.
Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s’intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l’amour, l’espoir, le sens de la communauté, les croyances, l’ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.



Rien à dire, la réalisation de Thomas Anderson est soignée, techniquement parlant s’entend. Pas étonnant que les « académiciens » des oscars l’aient remarquée. La reconstitution est d’autant plus au point qu’on a l’impression d’avoir affaire à une « constitution », à la naissance d’une nation. Et, côté production, on n’a pas non plus mégoté sur les moyens : on a créé de toutes pièces une gare, un train, un village, une mine, un derrick, une église, etc., toute cela d’époque. Ne parlons même pas des costumes, à tout instant crédibles. Evidemment, comme de plus en plus souvent en Amerloquie, le film est un biopic, en l’occurrence celui d’un chercheur d’or, ou plutôt d’argent, désargenté, du moins, au début, qui, grosso modo, au moment de l’apparition du cinéma (celui d’Edison plutôt que celui de Lumière), découvrant par hasard du pétrole, décide d’exploiter cette nouvelle ressource, ce nouveau filon (à ne pas confondre avec fillon), et devient en quelques années un richissime roi de l’« or noir », un tycoon, comme on dit là-bas. Le pitch (il leur faut toujours une histoire à dormir assis aux Hollywoodiens) pompe la première partie du roman Oil d’Upton Sinclair tout en cherchant à tracer le portrait du fameux (façon de parler : on n’en avait jamais entendu parler jusqu’ici !) magnat californien Edward Doheny.

Le problème, les problèmes (car il y en a deux), c’est que, d’une part, le film est beaucoup trop long (près de trois heures !), à cause qu’il cherche à faire passer la vie du mineur de fond/prospecteur de fonds, promoteur, entrepreneur, spéculateur, on en passe, pour une épopée digne de celle d’un Ford (le manufacturier de bagnoles et/ou le cinéaste) – on a voulu, en quelque sorte, condenser en un épisode toute la saga de Dallas. Que, de l’autre, l’opus a pour acteur principal un comédien vraiment très moyen, ne disposant, comme c’est souvent le cas, que de deux grimaces – rictus du gars contrarié et, le reste du temps, sourire béat. Or cet acteur est présent dans TOUS les plans du film. Comme le rôle est, tout « naturellement », physique (et non psychologique), le réal a dû se dire qu’on n’avait pas besoin de quelqu’un sortant de polytechnique ou d’Actors Studio, et n’a pas vu la nécessité de couper les chevaux en quatre, façon Damien Hearst. Du coup, il n’a donné au cabot qu’une ou deux consignes lui permettant de circumnaviguer à vue : chiquer (n’est-ce pas la définition même de l’art du comédien ?) et boîter, si possible, après une scène d’accident ou dans la séquence de la maturité. Dommage, car tous les autres comédiens sont excellents, à commencer par le jeune adolescent qui joue le fiston, tout en intériorité. Ou, encore, le vieux malin qui ne veut pas céder comme cela le droit d’exploiter le sous-sol de sa propriété. Et le pasteur préchi-précheur, mitchumien, qui représente une conscience morale (ou, si l’on est progressiste, écolo) ambiguë, trouble, corruptible dans cette historiette. Citons-les dans le désordre et rendons-leur un coup de Stetson : Paul Dano, Kevin O’Connor, Ciaran Hinds, Dillon Freasier. Aucune femme à l’horizon, c’est assez étonnant. Et même quelque peu désolant.






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