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BERLINALE 2008

ELEGY

d’Isabel Coixet
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Malgré son âge avancé, David Kepesh est un professeur de littérature connu et reconnu pour ses critiques à la radio. Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’il rencontre Consuela Castillo, jeune exilée cubaine d’une vingtaine d’années à la sensualité envoûtante. Pris d’une passion dévorante, tous deux vont entretenir une relation charnelle et sulfureuse. L’esprit de David va peu à peu se consumer dans cet amour fou...



Adapté, paraît-il, du roman de Philip Roth, The Dying Animal, ce machin-là, tel que transposé à l’écran, est assurément gratiné et, malheureusement, pas très plausible. Pénélope en étudiante cubaine attardée, avec ses 33 ans (l’âge de frère Emmanuel) bien sonnés au compteur et son joli stylo plume Meisterstück Montblanc à la main (le film glisse au passage quelques pubs clandestines pour Tampax, la bière Beck’s, Leica, Apple, etc.), a bien dû redoubler une dizaine de fois sa première année de lettres « modernes ». Ben « Mahatma » Kingsley, en prof de fac pré-retraité passant le plus clair de son temps à se caresser sous la douche et à exhiber son poitrail velu, est censé incarner un homme à la fois élégant et charmeur. Il se la joue un peu, le triste Sir.

Distingué comme il se doit (autrefois, du temps de Philippe Noiret, le personnage aurait fumé le cigare et siroté un bon vieux cognac), le « héros » se rend au théâtre en compagnie de la jeunette, lui joue au piano des airs sophistiqués du groupe des Six (à commencer par Satie, comme dans tous les films à prétention « romantique »), l’invite à des promenades à Coney Island, prend des clichés de la top model de l’Oréal qu’il tire lui-même (on parle ici des photos) dans sa chambre noire. Les références artistiques et littéraires, plus convenues les unes que les autres – et va que je te cite Tolstoï, et va que je te lis une lettre de Kafka, et va que je te fais allusion ou illusion à la Maja à poil de Goya, et va que je te déclame une tirade sur la mise en abyme dans Les Ménines de Vélasquez, et va que je t’écris au tableau noir les noms de Roland Barthes ou de Camus –, finissent pas irriter les spectateurs les plus indulgents – dont nous ne sommes pas, n’étant pas encore tout à fait gaga. Le réalisateur a aussi embauché, pour jouer le confident (cf. les scènes tournées au Village, dans une trattoria chic genre Dean & DeLuca) et le partenaire de squash du vieux schnock, un acteur censé plaire aux cinéphiles et aux « intellos », Denis Hopper.