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BERLINALE 2008

LADY JANE

de Robert Guédiguian
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : A l’époque où les Rolling Stones chantaient "Lady Jane", chanson dont les droits n’ont malheureusement pas pu être acquis par la production, Muriel, François et René, amis d’enfance, nés dans les ruelles populaires de Marseille, distribuent des fourrures volées aux ouvrières de leur quartier. Ils cessent leurs cambriolages après avoir tué un bijoutier dans un parking et ne se voient plus jusqu’au jour où le fils de Muriel est enlevé... La bande se reforme alors pour réunir le montant de la rançon.



Certes, au début, on n’y croit pas trop : Ascaride en Atride, c’est pas possible, Darroussin en assassin, ça ne le fait pas – la notion de contre-emploi, ça va, on connaît, mais on s’attend tout de même à voir le successeur de Stévenin entrer à tout bout de champ en blouse grise de droguiste. Gérard Meylan, c’est déjà autre chose. Plus intéressant et vraiment énigmatique. Hermétique. Sa présence taciturne et laconique suffit à remplir le cadre. Avec lui, le film prend une épaisseur proche de ceux de Melville. On admet donc la possibilité de l’historiette qui nous est contée, en long, en large et en travers (comme si les films, de nos jours, n’étaient pas assez copieux comme cela, à près ou plus de deux plombes à chaque séance, on nous ressasse quelques scènes dites « clé », on nous en obscurcit maladroitement, naïvement, quelques autres à coup de flashes-back intempestifs comme celui, un peu démago, du partage du butin, façon Mandrin, Robin Hood ou Jesse James, le « brigand bien-aimé », dans un quartier populaire de Marseille.

Les trafiquants de cocaïne sont, vite fait bien fait, détroussés et envoyés ad patres par Darroussin, qui cherche simplement à dépanner financièrement son ex (ex-potiche du gang des postiches et ex-copine) dont le fiston a été kidnappé. Meylan cotise idem avec ses éconocroques (le gain de ses gagneuses et le produit des machines à sous). Tout ça pour rien (on n’ajoutera rien de plus, on en a déjà trop dit), ce qui est d’autant plus frustrant que l’Arianette ne s’intéresse plus à la bagatelle, en tout cas pas à celle que lui proposent altruistement ses ex-coquins.