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CONFERENCE DE PRESSE SRF
Conférence de presse tenue par la SRF avant la cérémonie des Césars 2008
Par Laetitia HEURTEAU

Oui ce soir-là, la place du Châtelet était le bon endroit pour prendre la température actuelle de notre cinéma hexagonal car les paillettes, belles robes et autres smokings de rigueur n’étaient pas seulement à l’honneur. Une heure avant la cérémonie, une conférence de presse organisée par la SRF (Société des Réalisateurs de Films) s’était improvisée au café du Vieux Châtelet, jouxtant le théâtre, afin de tirer la sonnette d’alarme sur le système actuel du cinéma français.



AVIS DE TEMPETE SUR LE CINEMA FRANCAIS SELON LA SRF

Un système “à bout de souffle”

Parmi les réalisateurs ayant fait le déplacement, le malheureusement trop petit groupe de journalistes se retrouvait face aux coprésidents de la SRF : Cédric Klapisch, Pierre Salvadori, Christian Vincent ainsi qu’aux élus : Agnès Jaoui, Jacob Berger, Stéphane Brizé, Malik Chibane, Nadia El Fani.

« Deux coups de théâtre récents- la suppression de la publicité sur le service public et la « privatisation » du CNC préconisée par le gouvernement inquiètent profondément les réalisateurs. Nous avions déjà été alertés par lettre de mission du Président de la République à la Ministre de la Culture, qui insistait sur « la nécessité de répondre aux attentes du public. Une ministre de la création qui veille aux attentes du public s’enlise forcément dans une contradiction inextricable. Car le public attend des artistes l’inattendu. »

L’état des lieux dressé par la SRF est schématiquement le suivant : l’Avance sur recette est plus qu’affaiblie (Klapisch souligne à ce propos « combien l’Avance est surtout devenue un repoussoir pour les investisseurs des grandes chaînes »), une diversité de films distribués bien controversée, un déséquilibre flagrant concernant les achats de Canal Plus qui semble être devenu le seul acteur en France dans le secteur du financement et qui ne veut plus financer les films « du milieu » compris entre 4 et 7 millions d’euros. Par ailleurs, la SRF dénonce la position inconcevable et pourtant réelle du cinéaste « kleenex » qui ne vit bien souvent qu’en fonction du succès de son premier film, sans parler de sa rémunération qui équivaut souvent à celle d’un simple technicien.

Le scénariste connaît un traitement pire puisque actuellement dans les devis de films, le financement du scénario plafonne entre 1 et 2% (poste dont le budget se montait à 10% durant la Nouvelle Vague !). Enfin, le système à « revitaliser » doit également repenser les règles de répartition des aides automatiques et rééquilibrer le rapport entre aide automatique et aide sélective au profit de cette dernière.