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THOMAS DUTRONC
Entre musique et cinéma
Par Laetitia HEURTEAU

Révélation de la scène musicale française de 2007, avec la sortie de son premier album écrit, composé et chanté, Comme un manouche sans guitare, Thomas Dutronc possède pourtant déjà un parcours artistique bien riche. L’expérience des tournées de jazz (dans les grandes salles comme dans les petits bars) avec une bande de musiciens chevronnés, n’excluant pas les heures de composition de musiques de films (Les Triplettes de Belleville, Toutes les filles sont folles, Les Enfants). Eh oui, le septième art lui a fait les yeux doux, y compris le temps d’un film (Confessions d’un dragueur, 2001) où Thomas Dutronc, s’est essayé au métier de comédien. Bosseur et enthousiaste, l’intéressé a accepté de nous rencontrer pour parler musique... et cinéma, bien sûr !



Objectif Cinéma : Parlons d’abord un peu musique, de ton parcours dans l’univers du jazz manouche…

Thomas Dutronc : C’est là d’où je viens, ce sont mes racines. Bon, il se trouve que je ne suis pas manouche, mais j’aime pratiquer la musique de Django Reinhardt « dans le style », et c’est autour de ça que je me suis construit un réseau d’amis. Je connais beaucoup de stars de guitares manouches (Tchavolo Schmitt et Biréli Lagrène) avec qui je m’entends très bien parce qu’on partage cet amour de Django, de la rigolade, du comptoir. Et dans le milieu je connais beaucoup de musiciens, donc j’ai une vraie légitimité là-dessus. C’est pour ça que mon spectacle s’appelait « Thomas Dutronc et les Esprits Manouches » et que l’album s’appelle juste « Thomas Dutronc, Comme un manouche sans guitare », en référence à un titre que j’avais placé à la fin parce que c’est un titre que j’aime bien et parce que ça résume plein de trucs : manouche, c’est là d’où je viens, sans guitare, y a un petit jeu de mot, l’idée de me jeter à l’eau, etc.


Objectif Cinéma : Comment expliques-tu ton admiration pour cet univers musical ?

Thomas Dutronc : Je me suis cherché des gens très forts à admirer. J’ai trouvé Brassens puis Django Reinhardt. Django, c’est comme si je m’étais pris de passion pour Jean-Sébastien Bach, sauf que Django c’est moderne et qu’on ne le connaît pas trop. Il n’est pas « établi ». Django, c’est le plus grand de tous les temps en ce sens qu’il fait tout ce qu’il veut, qu’il ne peut jamais se tromper. C’est surtout ça qui est hallucinant. C’est le plus grand des improvisateurs, pour moi, et il a cette particularité qu’il a une poésie très européenne, moderne. En plus il a ce côté manouche, plein de liberté qui me plaît. Je suis à la recherche de liberté, de trucs surprenants, pas conventionnels et surtout vastes, dans lesquels on peut se plonger et se noyer jusqu’à plus soif. J’adore ce que raconte Django, pour moi c’est comme une drogue, un baume au cœur, c’est très galvanisant.