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TO LIVE AND DIE IN LA
de William FRIEDKIN
Par Marc POQUET

SYNOPSIS : Agent des services secrets, Richard Chance (William Petersen) découvre que son partenaire a été assassiné par Rick Masters (Willem Dafoe), un dangereux faux-monnayeur. Obsédé par l’idée de se venger et d’arrêter Masters, Chance va petit à petit franchir toutes les limites de la légalité, entraînant dans son sillage son nouveau coéquipier, John Vukovich (John Pankow).


ANALYSE

Dans les années 80, le polar américain quitte les grandes métropoles du nord – et notamment New-York - pour poser ses valises plus au sud. Reflet d’une migration de la criminalité qui délaisse la grisaille pour le soleil, cette tendance renvoie aussi à la volonté des cinéastes d’investir d’autres lieux pour renouveler leur approche de ce genre si typique du cinéma hollywoodien. Car derrière la luminosité et les couleurs de Miami, la Nouvelle Orléans ou Los Angeles, se cache la même noirceur des âmes et la même violence. Au sein de cette mouvance, le film phare fut bien sur Scarface de Brian de Palma, dont le succès balaya tout sur son passage ; tandis que le plus pur reste incontestablement celui de William Friedkin, passé presque inaperçu à l’époque (1985), heureusement réhabilité aujourd’hui. Il faut dire que Friedkin a déjà à son actif le mythique French connection, immense succès pour le coup, dans lequel on retrouve cette quasi-documentaire qui fait la force de To live and die in LA. S’y ajoutent une noirceur et une violence sans concession, pour aboutir à une œuvre fondamentale dans le cinéma américain de l’époque.

Nous sommes donc à Los Angeles en 1985. Jim Hart et Richard Chance (William Petersen) sont tous deux flics dans les services secrets, complices à la ville comme au boulot, le premier vieux briscard à l’orée de la retraite, le second jeune chien fougueux, adepte de sensations extrêmes. En deux scènes, leur personnalité et leur amitié sont superbement exposées, Friedkin allant même jusqu’à filmer un dialogue d’adieu tout en nuances, plutôt inhabituel dans ce genre de film. C’est également avec cette scène que le spectateur comprend le lien qui les unit, Jim Hart étant bien décidé, à quelques jours de la retraite, à régler seul une affaire en cours. Pour ces flics, ce qui compte avant tout c’est le travail, au détriment de toute considération familiale ou personnelle ; au mépris même de leur propre vie, puisque Jim Hart, parti imprudemment sur les traces d’un faux monnayeur de génie (Willem Dafoe), finira abattu comme un chien.