Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

SWEENEY TODD, LE DIABOLIQUE BARBIER DE FLEET STREET
de Tim Burton
Par Sophie HAUBOIS

SYNOPSIS : Après quinze années passées à croupir en prison sans motif valable, Benjamin Barker revient à Londres. Lors de son voyage en bateau, il fait la connaissance du jeune Anthony dont il se sépare aussitôt débarqué. Injustement condamné par le juge Turpin qui s’est débarrassé de lui pour lui ravir sa femme et sa fille, Benjamin Barker, qui se fait maintenant appeler Sweeney Todd, a soif de vengeance. De retour dans son échoppe de barbier à Fleet Street, il apprend par la bouche de la tourtière, Mrs Lovett, que sa femme Lucy s’est noyée et que le juge retient sa fille Johanna, prisonnière d’un écrin doré. Sweeney Todd retrouve alors l’usage de ses lames chéries. Il était une fois un barbier et sa femme



Les obsessions d’un auteur torturé

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street s’ouvre sur un paysage enfumé et crasseux de cheminées noircies dans un Londres aux lueurs incertaines sous une pluie glaciale. Les gouttes d’eau, aussi opaques et denses que de l’encre, se transforment vite en gouttes de sang. Un filet s’épaissit, vient alimenter une machinerie à l’air diabolique dont l’utilité nous est encore inconnue…

Des rouages et des engrenages, dans lesquels serpente le sang fluide, seule matière à bénéficier d’une couleur dans l’univers plombé de Burton, qui hésite à la lisière de la vie et de la mort ; des rouages et des engrenages qui ne sont pas sans rappeler le chocolat fondant de Charlie et la Chocolaterie, liquidité d’une autre couleur qui ruisselait de la même manière dans les machines de l’usine jusqu’au papier d’emballage final…

Première répétition d’un réalisateur qui n’a eu de cesse jusqu’ici d’insuffler ses thèmes et inspirations favoris dans chacun de ses films. Pourtant, à première vue, Burton est le modèle même de l’expérimentateur, passant de la comédie loufoque au thriller gothique, de la fantaisie dramatique à l’animation horrifique, du conte de fées à la comédie [diabolique] musicale. Mais la diversité des genres, la multiplicité des expériences ne semblent être là qu’uniquement pour revisiter sous toutes les formes possibles ses obsessions, pour le moins aussi macabres que burlesques. Au point, pour la première fois peut-être, de dénaturer l’œuvre originelle. Car comme pour la plupart de ses films (et comme chez beaucoup de « grands » réalisateurs), le nouvel opus de Burton est adapté d’une œuvre littéraire, en l’occurrence une pièce musicale théâtrale réécrite par Stephen Sondheim en 1979 et jouée à Broadway.