Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

therewillbeblood-1
THERE WILL BE BLOOD
de Paul Thomas Anderson
Par Marc POQUET

SYNOPSIS : Daniel Plainview, prospecteur à la recherche de pétrole, apprend que le sous-sol californien en serait regorgé. Il s’y rend donc, accompagné de son fils adoptif, achète à bas prix les terres de fermiers de la région, à commencer par celle de la famille Sunday, dont le fils, Eli, se prétend inspiré par Dieu. Rapidement, le pétrole jaillit. Mais les relations deviennent de plus en plus tendues entre Daniel Plainview et le jeune prophète de L’église de la « troisième révélation », qui n’a pas reçu l’argent promis par le prospecteur.



There will be blood est un film déroutant. Non pas dans ses composantes immédiates, mais bien plutôt dans le décalage entre celles-ci et la réalité du film. Ce qui explique que le spectateur aura du mal à se faire un avis, tantôt surpris tantôt déçu, mais au final reconnaissant à Paul Thomas Anderson de signer une œuvre originale et forte.

Une durée supérieure à 2h30, une période mythique de l’histoire des Etats-Unis, la performance d’un acteur surdoué, There will be blood semble être le digne successeur des Portes du Paradis ou de Little Big Man, fresques grandioses sur un pays controversé, qui est à la fois source d’admiration et de colère. Les premiers commentaires glanés dans la presse renforcent cette impression, évoquant le premier grand film de ce type réalisé par un représentant d’une nouvelle génération de cinéastes.

Le cinéma américain étant de plus en plus aseptisé et calibré, il va sans dire que ce genre de programme est plutôt alléchant pour un spectateur désireux de retrouver des émotions fortes qu’il croyait à jamais disparues. D’où un fort sentiment d’attente, susceptible bien évidemment de se transformer en déception.

JPEG - 7.6 ko

Les scènes d’introduction sont assez incroyables. Tournées sans dialogues et rythmée par les bruits des coups de pioches ou des machines à forer, elles exposent de façon brute la réalité d’une époque. La simple vue de ces hommes ruisselants de pétrole, embourbés jusqu’au cuisses dans une boue noirâtre au fond d’un puits, donne une image saisissante de cette soif de richesse qui accompagne la construction des Etats-Unis. Paul Thomas Anderson filme sèchement, sans effets inutiles, et la musique est à l’unisson, succession de sonorités discordantes et inquiétantes (composée par le guitariste de Radiohead). On comprend rapidement l’enjeu du film : Daniel Plainview (Daniel Day Lewis) est un prospecteur, il vient de découvrir un gisement de pétrole et Anderson va nous conter son irrésistible ascension et son inévitable chute, dans une radiographie sans concession de l’Amérique.