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L’HEURE D’ETE
d’Olivier Assayas
Par Marc POQUET

SYNOPSIS : Par une belle journée d’été, dans leur maison familiale de Valmondois, Frédéric (Charles Berling), Adrienne (Juliette Binoche), Jérémie (Jérémie Rénier) et leurs enfants fêtent les 75 ans de leurs mère : Hélène Pauly (Edith Scob) née Berthier. Elle a passé sa vie à préserver l’œuvre de son oncle, le peintre Paul Berthier. Quelques mois plus tard, Hélène décède. Les enfants, se retrouvent confrontés aux objets du passés car la maison est un véritable petit musée. Faut-il vendre ? Non… mais Jérémie vit en Chine et Adrienne à New York alors… La famille pourra-t-elle rester soudée ?



Après Boarding Gates vient L’heure d’été. A un cinéma moderniste et mondialisé succède un cinéma plus classique, ancré dans une tradition clairement identifiée. Depuis quelques années, Olivier Assayas alterne ces deux tendances, donnant à son œuvre une réelle singularité. Ceci d’autant que la césure n’est pas totale, et que chaque tendance irrigue l’autre dans un va et vient permanent entre modernité et tradition.

Qu’y a-t-il de moderne alors dans L’heure d’été ? La mise en scène bien sur, tant dans la structure formelle que dans la construction même du film. Toute en finesse et sensibilité, la caméra suggère plus qu’elle n’appuie, gardant toujours la bonne distance pour rendre avec justesse les destinées sentimentales. Peu de gros plans mais une vision d’ensemble, articulée autour de nombreux plans-séquences qui expriment parfaitement le flottement dans lequel baignent les personnages. Deux scènes sont à cet égard extraordinaires. La première concerne la fameuse discussion à l’issue de la mort de la mère, lorsque les trois enfants, encore sous le choc, sont obligés de prendre une décision sur la demeure familiale. Filmés en plan large, les personnages traversent le cadre au gré de mouvements désordonnés qui trahissent leur angoisse, jusqu’à l’apaisement final autour de la table, lorsque la décision est actée. Avec un minimum de dialogues et essentiellement par un travail formel, Assayas exprime parfaitement la gêne et la douleur qui accompagnent ce genre de moment. La deuxième scène est celle qui accompagne le retour d’Eloïse à la maison, après le passage des conservateurs. Avec ses travellings arrières, qui partent du personnage pour aboutir à chacune des pièces vidées de leurs meubles, Assayas saisit avec une justesse incroyable la tristesse de cette veille dame, confrontée à l’écroulement du monde dans lequel elle a toujours vécu.