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LES 3 VISAGES
DE LA PEUR

De Mario Bava
Par Mathias HEIZMANN

SYNOPSIS : Le film est composé de trois sketches qui, chacun, mettent en scène une situation horrifique. Le téléphone : Rosy passe une nuit particulièrement éprouvante, harcelée au téléphone par un inconnu lui annonçant sa propre mort... Les Wurdalaks : un vampire prend les traits d’une femme pour hanter la campagne slave. La goutte d’eau : Miss Chester n’aurait peut-être pas dû voler la bague de l’une de ses patientes récemment décédée...



ANALYSE

Il a au moins une bonne raison de redécouvrir Les 3 visages de la peur de Mario Bava : c’est de constater à quel point le cinéaste italien a toujours été un maître la forme. J’en veux pour preuve le tout premier court-métrage de cette série horrifique dont les sujets sont respectivement empruntés à Tchékhov, Tolstoï et Maupassant.

Prenez une jeune fille, un appartement en sous-sol, un téléphone rouge. Filmez là en temps réel (ou presque), seule (à peu de choses près), lentement prise de panique à la suite d’un appel téléphonique menaçant. Accompagnez le récit du tic-tac exaspérant d’une horloge. Saupoudrez d’érotisme. Laissez cuire à petit feu (et la jeune fille et le spectateur). Rythmez le temps du récit d’une musique désinvolte. Soignez vos effets de théâtre, souvenez-vous des leçons d’Hitchcock (qui s’y entendait question manipulation) et vous aurez les ingrédients d’une recette qui a fait ses preuves, recette exploitée d’ailleurs avec un certain talent par West Wes Craven dans le premier opus de ses interminables Scream.

On ne va pas révéler la fin de l’histoire. Mais disons simplement que si Mario Bava s’amuse à distiller les codes de l’horreur en jouant avec les références (le meurtre est presque calé sur celui du film Le crime était presque parfait), il parvient à produire un suspens assez intenable, grandement lié au brouillage des points de vue (nous en savons assez vite un peu plus que la jeune fille menacée mais un peu moins que le cinéaste) et aux effets de la bande-son (l’hyper présence de chaque détail sonore met les nerfs en alerte).