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DEUX SOEURS
POUR UN ROI

de Justin Chadwick
Par Nicolas ONNO

SYNOPSIS : Royaume d’Angleterre. Début du XVIe siècle. Sa Majesté Henry VIII, insatiable, a besoin de maîtresses pour la distraire. Afin d’obtenir les faveurs royales, Sir Thomas Boleyn, conseillé en cela par son beau-frère, le duc de Norfolk, intrigue pour que ses deux filles, la brune Anne et la blonde Mary, partagent la couche du monarque. Si l’une veut être reine, l’autre n’attend rien en retour.



« Maudite ! » Henry VIII Tudor (1491-1547), rendu fou de désir par la belle ensorceleuse Anne Boleyn, vient de répudier son épouse, l’Espagnole Catherine d’Aragon, laquelle ne lui donna pas le fils tant espéré et dont il s’est lassé. Dès 1527, le roi d’Angleterre demande l’annulation de son mariage avec la souveraine catholique, bien aimée du peuple, et dès lors s’attire les foudres papales, à la seule fin de satisfaire sa passion pour l’aînée des Boleyn. En 1533, Anne devient sa femme et reine d’Angleterre. Le schisme est consommé. Tiré du best-seller de Philippa Gregory (1), The Other Boleyn Girl, le film éponyme de Justin Chadwick et Peter Morgan brode sur la légende noire de « Barbe-Bleue », grand « dévoreur de femmes » – il en eut six – et sur sa liaison avec chacune des deux sœurs Boleyn. « Si elle ne donne pas au roi un héritier mâle ou si l’enfant est mort-né, cela annoncera la disparition du clan Boleyn », prédit l’oncle d’Anne et Mary, le duc de Norfolk (David Morrissey).

Deux sœurs pour un roi – tant pis pour l’ironie du titre original – jongle donc avec l’opposition marquée entre les fausses jumelles et égéries du cinéma américain, la blonde plantureuse et naïve, Mary (Scarlett Johansson), et la brune gracile et manipulatrice, Anne (Natalie Porman). Leur rivalité, voulue par l’une, jalouse, subie par l’autre, aimante, ne se traduit pas seulement dans les caractères, pur et crédule pour la première, cruel et calculateur pour la seconde, mais également dans le choix de leurs parures, identiques, à un détail près : l’une est ornée de motifs vert, l’autre bleu. Avec un Eric Bana assez convaincant dans les frusques alambiquées d’Henry VIII – tour à tour séducteur empli de tendresse, amant violent et frustré, jusqu’aux roulements d’yeux furieux lorsqu’il veut se débarrasser de son encombrante « dame de cœur » –, le chatoyant trio réserve à ce très agréable drame en costumes un cachet fort sympathique.