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THERE WILL BE BLOOD
De Paul Thomas Anderson
Par Antoine BENDERITTER

SYNOPSIS : Lorsque Daniel Plainview entend parler d’une petite ville de Californie où l’on dit qu’un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d’aller tenter sa chance et part avec son fils, H.W., à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l’unique distraction est l’église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire. Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s’intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l’amour, l’espoir, le sens de la communauté, les croyances, l’ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison… et le pétrole.


Noir comme le sang

L’ouverture du film, minérale, sensorielle, donne tout de suite le ton : There Will Be Blood se veut d’abord un film « cosmogonique ». C’est-à-dire que ce film invente et déploie, plan par plan, un cosmos à part entière, un univers physique parfois anxiogène, composé de matières premières concrètes et palpables. À cet égard, le 5e long-métrage de Paul Thomas Anderson peut évoquer l’œuvre de ce démiurge sensualiste qu’était Andrei Tarkovski (Le Miroir, Stalker, Le Sacrifice…). À ceci près que là où le cinéaste russe faisait de la (re-)création d’un monde étrangement réel un point d’entrée vers l’intimisme et la spiritualité, P.T. Anderson semble pour sa part se lover dans un éréthisme sans issue de la matière, de l’image et des musiques, hors de toute transcendance. C’est le vertige du spectateur devant un tel mélange d’intensité physique et de vacuité que nous nous proposons d’explorer, afin de mieux appréhender la singularité de l’œuvre.