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NAOMI WATTS
Actrice
Par Nicolas ONNO

“SCREAMING QUEEN” DES TEMPS MODERNES

Qu’elle soit aux prises avec un gorille géant ou la proie de post-ados psychotiques, l’actrice britannique a l’habitude. L’attendent déjà les coups de bec des affreux volatiles d’Hitchcock, pour un remake alléchant. Mais pour l’instant, à l’affiche de Funny Games US de Michael Haneke, la belle blonde fait sensation.



David Lynch ne s’y était pas trompé. Lors d’une audition, la très naïve Diane Selwyn cherche à impressionner – et émoustiller – partenaire et auditoire afin de décrocher un petit rôle au cinéma Pour cette scène de baiser, l’actrice néophyte use de tous les subterfuges, sensualité folle laissant pantois un vieux séducteur qui en a pourtant vu d’autres. Le pauvre préfère en sourire. Epatés, les pontes du studio applaudissent. Sa torride nuit d’amour avec la brune Rita (Laura Elena Harring) la révèle au grand public. C’était lors de Mulholland Drive. Mais là où Naomi Watts est la plus forte, c’est pour paraître visage inondé de larmes, cheveux ébouriffés, rimmel coulant sur un regard terrorisé et implorant son bourreau à coup de cris stridents.

C’est donc assez naturellement qu’elle est à l’affiche du thriller horrifique Funny Games US de Michael Haneke. Sur fond noir, le masque de la comédienne, martyrisée et hébétée, happe le regard. Qui d’autre pour interpréter cette grande bourgeoise, subissant les assauts de deux jeunes psychopathes en gants blancs, traumatisant sa famille avec une balle de golf et autres accessoires ? Remake du long métrage barbare du même nom, signé sous pavillon autrichien il y a déjà dix ans, elle est la digne remplaçante de Susanne Lothar. Mais Haneke insiste : « Comment peut-on se repaître de la souffrance d’autrui, même à travers un écran. Je ne comprends pas », déclare-t-il dans les colonnes de Télérama. Lors de la projection à Cannes du huis clos originel, cette année-là (1997), une clameur s’était élevée, le public avait harangué le scandaleux metteur en scène. Un choc plutôt bien préparé : « Mais vous êtes restés, non ? Si cela était si horrible que cela, il fallait quitter la salle  », répliqua le sadique viennois fort à propos.