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LES GENTLEMEN

Les aventures loufoques et “swinging London” des agents secrets très sexy John Steed et Emma Peel, dans l’inégalée première mouture de “Chapeau melon et bottes de cuir”, ont certes posé les bases, depuis les années 1960, d’un savoir-faire jamais démenti. La série culte, qui s’étala sur une décennie, 161 épisodes et trois miss, fut le fer de lance de toute une génération de télévores, avant que les pontes d’ITV 1 ne poussent l’inénarrable homme au parapluie à reprendre du service, entre 1976 et 1977 (“The New Avengers”), flanqué cette fois d’une fofolle coupe au bol, Purdey, et d’un imparable bras droit, Mike Gambit.

La fin des sixties correspond, pour les fans, à la diffusion du “Prisonnier”, avec Patrick McGoohan – le groupe de heavy metal du cru, Iron Maiden, en fit même un hymne. Le petit de Leslie Charteris, Simon Templar (dit “le Saint”), dont les six saisons (entre 1962 et 1969) sont devenues, plus qu’un classique, un must, est sans doute symptomatique, lui aussi, de la créativité britannique. Futur Lord Brett Sinclair, futur Bond – le rôle lui fut proposé deux fois durant la diffusion de la série –, le charme désuet de ce détective fit de Roger Moore l’“ambassadeur de la Grande-Bretagne à travers le monde”. Les gentlemen se font apprécier. On n’en dira pas autant de Val Kilmer dans la variante modernisée de Philip Noyce (1997).

Plus réalistes, moins délirants, les héros des seventies s’imposent. La fiction britannique se dote alors de l’explosif duo d’“Amicalement vôtre” (Tony Curtis, le voyou new-yorkais/Roger Moore, le dandy londonien). Sans armes ni violence, les deux larrons “persuadent” (titre original : “The Persuaders ! ”). Leur simple apparition au cours d’une unique saison, 24 fois durant, suffira à s’en rendre compte.

FLEGME, ARROGANCE ET FANTAISIE

Si Albion et ses storyboarders n’hésitent pas à se lâcher dans des intrigues parfois alambiquées, il n’est pas étonnant que leur inspiration et leur impertinence aient souvent été pillées outre-Atlantique. La rivalité BBC/ITV fait des émules. Bref, pour un peu, à l’époque, Hollywood en paraîtrait presque à la traîne, malgré quelques bonheurs (“Mission Impossible”, “La Quatrième dimension”, “Alfred Hitchcock présente…”), ne parlons même pas des productions de l’ORTF. Mais reconnaissons tout de même la diffusion sur le deuxième canal, coincés entre “Thierry la Fronde” ou “Belphégor”, des “Avengers”, dès le 4 avril 1967.

De 1969 à 1974, le mythique “Flying Circus”, le show non sense des Monty Python, s’immisce très naturellement sur les ondes de la BBC 1. Humour teinté d’ironie, voire d’arrogance – savamment étudiée –, ces étranges coutumes ne sont plus cantonnées, désormais, aux frontières insulaires. Le succès mondial (entre autres) de James Bond et les fameuses répliques du flegmatique Sir Sean Connery y sont-ils pour quelque chose ? La désinvolture d’un George Clooney s’en revendique sans doute un peu.