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Ici, non, nous ne sommes pas dans le cinéma expérimental. Mais, plutôt, dans celui, narratif, représentatif et plus ou moins "indépendant", parfois aussi militant, que certains (les frères Mekas, par exemple) ont appelé le Nouveau Cinéma américain et qui est souvent confondu par des programmateurs peu rigoureux avec le cinéma "différent". L’équivalent du "free cinema" britannique ou de notre Nouvelle Vague, si vous voulez, celle tout droit issue des CM sans son direct, approximativement post-synchronisés, produits par Pierre Braunberger à la fin des années 50 : des New York Ballade et des Impressions de New York (1955), de Houston Texas (1956) de Reichenbach, du Coup du berger (1956) de Jacques Rivette, des Maîtres fous (1955) de Jean Rouch, de Tous les garçons s’appellent Patrick (1959) de Jean-Luc Godard, de L’Amour existe (1960) de Maurice Pialat, on en passe et des meilleurs – façon de parler, bien entendu.

Le film, redécouvert par Carlotta, n’est pas un chef d’œuvre, mais c’est une curiosité esthétique qui mérite le détour. La comédienne n’est pas bien glamour, elle est passée par la chirurgie esthétique dont il est question dans une scène assez violente du film, a une peau pas très nette qui ne supporte pas les gros plans, ne fait pas du tout starlette malgré ses lunettes noires. Certaines séquencese rappellent celles, faussement réalistes, vraiment mises en scène, du Berlin Symphonie d’une grande ville de Walter Ruttmann, d’autres font songer à la promenade fantomatique de Maya Deren dans son film californien Meshes of the Afternoon. La taille des vues est quasiment toujours la même et correspond à des plans américains en plus serrés. Le rythme du montage est monotone et épouse la scansion du texte. L’agencement du film suit un registre thématique et finit par décrire une société de consommation, d’oisiveté ou, plutôt, du Spectacle le plus "cheap" qui soit. On intercale le contrechamp de l’anti-héroïne blasée aux scènes de shopping, de salons de beauté, de cabarets, de salles de boxe, de cours de gymnastique, de massages mécaniques, de casinos minables, filmées comme dans un vieux Dizga Vertov. On nous décrit sur un ton à la fois ironique et grinçant la mégapole nouvelle censée représenter le progrès. Dire qu’on n’avait encore rien vu...






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