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Certes, on ne dira pas que la prédominance de l’économique sur l’humain n’est pas critiquable. En revanche, difficile de se laisser convaincre par l’engagement à peine voilé dans les logiques radicales de l’altermondialisme et des mouvances d’extrême gauche véhiculé par le film. Limite parfois : l’assassinat de Georges Besse [PDG de la Régie Renault abattu en 1986 par le groupe terroriste Action directe NDLR] «  était un acte politique. Ce n’était pas le simple fait d’illuminés, mais vraiment quelque chose de mûrement réfléchi  », remarque le réalisateur, à demi-mot. « Si des patrons de multinationales font des restructurations, ont recours à des licenciements collectifs, et abîment des vies à l’arrivée, est-ce qu’il n’est pas légitime que certains abîment, à leur tour, la vie de patrons  », interroge-t-il.

SOLUTIONS ALTERNATIVES

Ainsi, Volem – trad. : «  nous ne voulons rien foutre au pays  », inspiré du nom de la formation occitaniste Volem Viure al Païs (« nous voulons vivre au pays  ») ? – s’attache à suivre les pérégrinations de quelques déserteurs un peu hippies cherchant des solutions alternatives à leur mal-être social, celles de « l’autonomie et des pratiques solidaires » : éco-construction, autogestion, recyclage, squats, mythe lointain du kibboutz, etc. « Ce n’est pas l’efficacité qui est recherchée, Balluet [est] un lieu d’expérimentation individuelle et collective, explique son fondateur. Mieux vaut faire un mur tordu que pas de mur du tout.  ».

Moins documentaire qu’outil de promotion d’une certaine idéologie, il faut sans doute prendre ce singulier plaidoyer pour ce qu’il est. Un joyeux fourre-tout, entre le n’importe quoi et le militantisme aveugle. «  Souffrant fort bien de la comparaison avec les plus éperonnantes fictions anarcho-utopistes des années-barricades, le manifeste Volem s’avère être, de par son existence même, une terrible catastrophe pour le monde du travail décerveleur  », dit le célèbre agitateur belge Noël Godin (plus connu sous le pseudo de « l’entarteur »).

La perception de la violence capitaliste se double ici de l’étrange description d’un monde hors du monde. Ni assisté ni exploité, ni victime ni complice de la globalisation ambiante, le but est de se prendre en main. C’est tout. Le message est donc simple : ras-le-bol de la logique du marché et de l’ultralibéralisme. Au diable la loi de la concurrence, prônée par un Pompidou vilipendant la fainéantise. « A bas le travail » ? La création d’une microsociété autarcique modèle peut-elle répondre à ces attentes – comment survivre en dehors de tout ? La question est posée.