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Je ferais pour ma part une autre réserve sur le travail de Serceau. S’il prend le soin de délaisser le pire de la production et de critiquer des films qui eurent les faveurs de la critique (La Faute à Voltaire et L’Esquive, Peindre et faire l’amour et Les Sentiments, La Vie rêvée des anges et Lady Chatterlay), il encourt, à cause du caractère assez restreint de son corpus (regrettons à cet égard l’absence d’index), le reproche d’avoir sélectionné les films qui s’accordaient à son propos, en en ignorant bien d’autres qui auraient pu le contredire. Si deux films seulement (Candidature et Vert Paradis, choisi pour la photo de couverture), dont un moyen métrage, du même auteur qui plus est (Emmanuel Bourdieu), semblent trouver grâce à ses yeux, n’est-ce pas parce qu’il ignore ceux d’Olivier Assayas, de Lucas Belvaux, d’Arnaud Desplechin ou d’Emmanuel Finkiel, entre autres ? En contrepoint de son analyse de Marius et Jeannette, n’aurait-il pas pu rendre compte de La Ville est tranquille, qui se prêterait moins facilement à son diagnostic d’ « évacuation de la conflictualité » par « un cinéma fuyant le réel » ? En outre, Serceau pourrait considérer comme des « films-symptômes » certaines œuvres qu’il juge uniquement révélateurs de symptômes, des films qui dépasseraient les intentions de leurs auteurs, dans lesquelles Serceau voit des clichés dont ils n’arriveraient nullement à se déprendre. Je pense en particulier à La Haine ou à L’Esquive, bientôt à Entre les murs probablement, que le manque de réflexivité empêche sans doute d’être de grands films, mais pas d’être d’un grand intérêt, pour ce qu’ils disent de la société française, quand bien même ce "discours" ne serait pas exactement celui qu’auraient voulu véhiculer leurs auteurs. Á la décharge de Daniel Serceau, soulignons que cette limitation du corpus répond à la volonté d’étudier en profondeur les films choisis (une quarantaine) et de soumettre toute analyse à des vérifications sur pièce (ce que trop d’écrivains de cinéma négligeraient), selon des principes que Serceau a exposé dans sa remarquable < a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp ?navig=catalogue&obj=livre&no=16298" title="Editions Harmattan">Théorie de l’art au risque des a priori (Paris, L’Harmattan, coll. « Champs visuels », 2004, 304 p.).

« Le public a la presse qu’il mérite », avait-on coutume de dire au siècle dernier. Aux yeux de Daniel Serceau, il semble bien que « l’époque a les spectateurs qu’elle mérite et ceux-ci les films qu’ils méritent eux-mêmes ». Le "jeune cinéma français" méritait-il un ouvrage aussi élaboré que celui de Serceau ? Aucune discussion sérieuse à son propos ne pourra en tout cas faire l’impasse sur ce travail décapant.






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