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UN CONTE DE NOËL
de Arnaud Desplechin
Par Guillaume RICHARD

SYNOPSIS : Junon, mère et grand-mère d’une grande famille, apprend qu’elle est atteinte d’une maladie génétique rare. Le seul donateur compatible, lui assurant ainsi une chance de survie, n’est autre que son fils qu’elle n’a jamais vraiment aimé, Henry. La famille au complet se retrouve dans la maison familiale de Roubaix pour passer Noël ensemble...



Tout film de Desplechin est une promesse, celle d’un autre monde et d’un autre rapport à l’autre. C’est en célébrant les derniers instants d’une ère qui ne vit plus que ses dernières heures, comme l’adolescence triste de Esther Kahn ou l’osmose de la famille dans la vie des morts, que Desplechin confère à son cinéma toute sa profondeur et son originalité, traquant sans cesse les derniers cris des êtres avant qu’ils ne changent de carapace et portent de nouveaux habits. Mais cette mutation, ou plutôt imputation, à un nouvel univers qui conservera tout de même certains paramètres des anciens, prend la forme d’une promesse : la certitude que quelque chose a changé, en bien. Ce changement, il porte sur l’essence même du cinéma de Desplechin, à savoir la relation entre les êtres, ceux de l’entourages et, le plus souvent, de la famille.

Un conte de Noël marque pour son auteur un retour aux sources, celles qui ont fait la beauté de son premier long métrage, La vie des morts. En effet, il s’agit à nouveau d’une grande réunion de famille, animée en profondeur par différents leitmotivs : le passé (les secrets, la mémoire, le deuil, les mythes), le présent (la maladie de Junon, le couple, les conflits fraternels) et l’avenir (la survie, le renouveau, l’enfance). Outre ces préoccupations métaphysiques, Un conte de Noël se veut être le théâtre des derniers règlements de comptes, dont l’enceinte serait la maison familiale de Roubaix, devenue pour l’occasion une véritable scène, et ce avant l’ère nouvelle qui s’annonce. La troupe familiale devient ainsi un cirque de marionnettes, comme celui que jouent les petits enfants en représentation devant leurs ainés. Comme dans les films de Bergman, cette mise en abyme est révélatrice de l’état des lieux, elle représente un contrepoint ironique, au même titre que les films passant à la télévision. Un conte de Noël ne retranscrit, via ces métaphores, que cette idée fondamentale : celle du jeu du chat et de la souris, de la souris et du chat.