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En près de deux heures d’alignement de clichetonses, le story-board ne propose en tout et pour tout qu’un seul gag : celui où le gros Bêta Hulk, surpris en pleine « descente » (car qui dit héros dit aussi héroïne, comme qui dirait haute tension signifierait coitus interruptus) par la présence de la Belle, se relève brusquement et se cogne la tête contre le plafond grotesque. Comme quoi, il n’est pas toujours évident de contrôler sa force – telle est la morale de la farce. Pour le reste : crac ! boum ! hulk ! comme l’écrivait Jacques Lanzmann et le chantonnait le père de Thomas Dutronc. Remémorez-vous le dicton rabelaisien : « Science inconsciente peut être lourde de conséquence. » Souvenez-vous du vase de Jean-Pierre Soisson. Rappelez-vous « le poids des mots et le choc des titans ». Gonflé à bloc, le mec, schizo, comme tout super héros qui se respecte, alternativement Doc Jekyll et Monsieur Klein, agent double voire triple, on ne sait plus à force de descendre des dés à coudre de vodka, immergé, sous couverture civile, militaire dégradé, englué dans le réel, n’ayant comme seul moyen de maîtriser la « chose » qui est en tout un chacun que la respiration artificielle enseignée par un mestre ès capoeira. Des exercices portant sur le glissement de la partie du corps qui est la source d’inspiration en même temps que le siège de l’angoisse. Sur le déplacement du sternum vers le ventre. Et sur la maîtrise du rythme cardiaque. C’est pas qu’on soit expert en la matière, mais on a l’impression de s’y connaître à force d’avoir déjà vu ça quelque part. Le protagoniste passe alors du statut de giraumon (une variété de citrouille) à celui de cinquième roue du carrosse. En tous les cas, tel qu’il est il nous plaît, il est chaud, bouillant, brûlant comme la braise, rougeoyant à souhait au centre et vermeille en surface. Hulk n’est donc qu’une pastèque. Un watermelon à (gros) pépins.

Avant que la grenouille verdâtre se fasse aussi grosse que l’œuf, notre pauvre hère apprend, en deux temps, trois mouvements, via la méthode Assimil, à se dépatouiller dans la langue chuintante et chantante de Gilberto Gil. Hulk vit clandestinement (on le recherche pour savoir d’où lui vient son super pouvoir, c.à.d. ce côté expansif qui le fait bander beaucoup plus que le commun des mortels). Il a sa planque dans une pittoresque favela brésilienne, de celles, ultra-pimpantes, qui auraient très bien pu être reconstituées en studio. Le môme ne pose pas pour les magazines, il travaille en usine, à Rio. Arrive alors la question du sang contaminé. Et celle des fichiers d’ordi, téléchargeables sur clé USB, à base de formules chimiques ou chimériques, bref, abracadabrantesques. À propos d’informatique, la production aurait sans doute mieux fait de racheter ou de louer ceux de King Kong (cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article3821) ce qui eût permis de lui faire économiser quelques dizaines de milleirs d’eurodollars en effets spéciaux et autres reconstitutions des rues de NYC et de lui faire gagner du temps. Mais ce qui est fait est fait. Et même s’il ne sait pas vraiment chorégraphier les deux-trois bagarres auxquelles on a droit, le réalisateur franchouillard fait ce qu’il peut pour se tirer d’affaire. Il surmonte le film en le sur-montant, à coup de plans de coupe misdirectifs qui ne trompent pas finalement leur monde.






Titre original : The Incredible Hulk
Réalisé par : Louis Leterrier
Avec : Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth
Pays : Film américain
Genre : Fantastique
Durée : 1h 52min
Année de production : 2008
Film pour enfants à partir de : 10 ans
Distribué par : SND

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