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BE HAPPY
Réalisé par Mike Leigh
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Institutrice, Poppy est une jeune femme aussi drôle et fantaisiste que rationnelle et déterminée. A l’écoute des autres, elle séduit tous ceux qui l’approchent, adore ses élèves et s’investit complètement dans son travail. Poppy vit en colocation avec une copine, Zoe. Elle sort beaucoup avec ses soeurs cadettes, et s’éclate en prenant des cours de flamenco et de trampoline. Quand elle se décide à apprendre à conduire, sa gentillesse et son sens de l’humour semblent même amadouer son moniteur d’auto-école pourtant peu aimable et très cyclothymique. Tout va donc plutôt bien dans la vie de la positive Poppy, surtout quand elle rencontre, dans le cadre de son travail, Tim avec lequel elle se sent aussitôt sur la même longueur d’ondes.



Qu’ils peuvent être énervants tous ces ravis de la crèche, ces boute-en-train, ces zozos de bon poil 7 jours sur 7, ces radieux bénis des dieux, ces bienheureux qui jugent que « la vie est trop belle pour être vraie », ces impatients qui pratiquent le harcèlement passif, contemplatif, ces autosatisfaits pour qui « ya toujours d’la joie ». Peut-on trouver pire que ces amuseurs, ces gais-lurons qui veulent mettre les rieurs de leur côté, ces bouffons qui ne craignent pas d’être contrariés, ces saints qui veulent titiller le diable ? On en viendrait à regretter les rabat-joie qui remettraient les pendules à l’heure...

Ce film, louché l’hiver dernier dans une des salles de ciné de la Berlinale (ce devait être l’Urania, pas loin du KaDeWe, temple de la fripe frime et de la boustifaille) sous le titre Happy-Go-Lucky (comme d’habitude, le titre français, Be Happy, est mieux, en tout cas plus concis, que l’original !), qui signifie, plus ou moins, « insouciante » ou « imbécile heureuse », nous avait paru léger, dans tous les sens du terme. Tellement léger que nous nous étions contenté de le mentionner dans notre bilan du festival, rappelant tout simplement que la comédienne principale de ce film, Sally Hawkins, s’était vu décerner le nounours d’interprétation féminine de cette prestigieuse manifestation. Sa sortie en salles est l’occasion, sinon d’aller le revoir (on n’est pas maso), comme tous ces critiques apparemment sérieux qui recourent à cet artifice pour échapper à leur lot de tâches ménagères, mais, au moins, de se le remémorer. Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas encore complètement gaga.