Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

PRÉCINÉMA :
LE DAGUERRÉOTYPE
Par Nicolas VILLODRE

L’exposition qui s’est déroulée cet été au musée d’Orsay a proposé un choix des plus beaux daguerréotypes français faisant partie des collections de cette institution.



Les daguerréotypes, « miroirs qui gardent toutes les empreintes » (Jules Janin) et qui n’auront duré que le temps d’un engouement – celui de la génération d’après Niépce, auront séduit un public amateur de curiosités esthétiques et de nouveautés techniques. En quelques mois, malgré la concurrence du calotype britannique de Talbot, le procédé français, soutenu à la fois par l’Académie des Sciences et par le gouvernement, sera parvenu à conquérir l’Europe entière.

L’exposition du musée d’Orsay a montré la diversité des approches de ce moyen de production et de reproduction, la variété des usages que les premiers « photographes » ou « héliographes » professionnels en ont tiré, la dissemblance des réalisations. On passe ainsi des portraits, plus ou moins spontanés – tout le monde garde fièrement la pose à cette époque – d’anonymes ou de célébrités du monde des arts ou de la politique, aux paysages, voire aux simples clichés de dessins techniques ou d’œuvres picturales (cf. les plaques de Pierre-Ambroise Richebourg consacrées aux dessins de l’architecte néo-gothique Hippolyte Durand). Dans une certaine limite, tous les formats sont possibles, toutes les formes d’images, rectangulaires, ovales, etc., permises, toutes sortes d’encadrements autorisés. On ne se prive pas non plus de les retoucher, de les colorer, d’en tirer des effets spectaculaires : en 3D, avec des prises de vues stéréoscopiques (cf. le portrait en couleur d’Alexandre Dumas pris en 1851) ou en panoramique (cf. le composite de Charles Choiselat et Stanislas Ratel, La Rade de Toulon, qui juxtapose cinq daguerréotypes pris chacun sous un angle légèrement différent).