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La phrénologie ou, du moins, la physiognomonie, « art de connaître les hommes » et de les percer à jour en dépit de leur dissimulation, faculté dont ne semble pas jouir ce président américain qui, après avoir brièvement examiné le regard « de glace » de Poutine, a prétendu y avoir vu son « âme », n’a pas trompé les Russes pour qui ce nouveau dirigeant manquait singulièrement de chaleur et de charisme. Pas bête mais discipliné, Poutine se forge alors une image (comme ces « légendes » que vous invente le service), celle d’un judoka en bonne santé (contrastant avec celle de son prédécesseur à la dérive), jeune, fort, sachant piloter un avion de chasse ou descendre en sous-marin. Il soigne son look et se force à participer aux réjouissances populaires. Il travaille aussi sa façon de marcher en évitant de se balancer vulgairement, fréquente l’église orthodoxe… Pour se rendre (plus ou moins) sympathique, il parle « peuple », comme tous les populistes en assénant les vérités du café du commerce dont l’opinion est censée se satisfaire.

Plus profondément, sans doute, Poutine ne se soucie aucunement de « fédération » : il a la nostalgie de la Grande Russie qu’il veut recréer de toutes pièces après le chaos laissé par ses prédécesseurs – et auquel il a, tout de même, il faut le rappeler, contribué aux places qui ont été les siennes ! Il fleurit la tombe d’Andropov qui lui a montré le chemin qui fait du général un imperator (lui qui n’a été que lieutenant-colonel de réserve) avant de s’incliner devant la dépouille de Soljenitsyne (événement récent, qui n’est par conséquent pas dans le film) qui partageait la même conception de la Russie.

Malgré le recours à la terreur (la définition même du service secret type FSB ou ex-KGB), ses méthodes autoritaires contestables, le libéralisme inégalitaire de nouveau teinté d’Étatisme, l’oligarchie affairiste sur laquelle il s’est appuyé, Poutine se maintient à son poste (il n’a pas d’autre choix, affirme Kasparov, car il risquerait autrement des poursuites judiciaires). Joueur d’échecs comme ce dernier, comme tous les Russes, du reste, fin tacticien, malgré sa fortune considérable amassée en quelques années, il ne donne pas le sentiment de vouloir jouir personnellement des biens terrestres ; il n’a rien de bling-bling ! Il semble ne pas désirer autre chose que ce qu’il a déjà, c.à.d. le pouvoir. Et, d’un autre côté, comme le suggère le film pour expliquer à la fois son succès et sa popularité, le peuple russe avait-il le choix entre communistes et kagébistes ?






Bonus : Clip vidéo : Je veux un mec comme Poutine. Entretien avec Andreï Gratchov, conseiller politique et porte-parole officiel de Mikhaïl Gorbatchev - 32mn. Entretien avec Alexeï Venediktov, rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou - 11mn.

 


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