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MARC CASSOT
Une célèbre voix de cinéma qui a doublé Paul Newman, Richard Widmark, William Holden…
Entretien réalisé le 27 mai 2004
par François JUSTAMAND

Marc Cassot est devenu comédien dans les années 40. On l’a vu au cinéma dans quelques films mais c’est surtout au théâtre qu’il s’est épanoui pleinement. En 2007, il a interprété sur scène le Pape Jean-Paul II pour la dernière production de Robert Hossein. Mais Marc Cassot, c’est aussi une célèbre voix de cinéma puisque depuis la fin des années 50, il a très souvent doublé Paul Newman mais aussi Richard Widmark, William Holden… Ces dernières années, on l’a entendu sur Dick Van Dyke dans la série Diagnostic Meurtre et sur le personnage de Dumbledore dans la saga des Harry Potter. Rencontre avec une « légende » du doublage.



La Gazette du doublage : Parlez-nous de vos origines, votre parcours...

Marc Cassot : Je suis né le 16 juin 1923 à Paris de parents d’origines méditerranéennes. Je suis venu dans ce métier un peu par hasard. A la déclaration de la seconde guerre mondiale, il y a eu l’exode et je suis donc parti avec mes parents. C’est à ce moment que j’ai perdu mes parents et je ne les ai retrouvés qu’au bout de trois mois. Ils me croyaient mort et moi, je ne savais pas où ils étaient car toute la France était bombardée. Finalement, j’ai pu les retrouver... On était à bicyclette avec cinq camarades et mon père avait amené les femmes et les enfants dans un grand camion. On a vécu une belle aventure tout de même car nous nous sommes retrouvés en totale liberté avec tous les copains de mon âge.

Après ce périple, j’ai passé un CAP d’électromécanicien. Lorsque je suis revenu à Paris, je n’ai pas eu envie de retourner vers ce métier qui ne me paraissait plus intéressant. J’ai fait alors des petits boulots pour vivre. Un jour, un camarade m’a amené au Théâtre des Nouveautés. Je croyais qu’ils cherchaient des coursiers. En fait, ils ont cru que je venais passer un casting pour être figurant dans une opérette. Ils m’ont alors demandé si je savais chanter et danser. J’ai répondu, un peu au culot, à la proposition et j’ai donc été engagé. Je n’étais jamais monté sur scène, ni n’avait pris de cours. Je me suis retrouvé embarqué dans cette opérette avec Georges Grey qui jouait les jeunes premiers dans les films de Pagnol.

C’est à ce moment qu’un des rôles importants de l’opérette est tombé malade et on m’a demandé de le remplacer. Il a fallu que j’apprenne le rôle joué et chanté en quarante huit heures. Je n’ai eu aucun trac car j’étais dans l’inconscience la plus totale.

Dans les loges, des camarades m’ont conseillé de m’inscrire à un cours de théâtre. Je me suis donc inscrit au cours de Henri Rollan et c’est là que j’ai commencé à apprendre ce métier. Je n’avais même pas la foi ; c’était juste nouveau, amusant... Au bout de deux mois de cours, j’ai joué, dans une pièce, le rôle principal qu’avait créé Reggiani en tournée. J’ai été pris pour ce rôle en remplacement de Daniel Gélin qui avait attrapé une hépatite. C’est à partir de cette pièce que je n’ai plus arrêté de jouer et d’y prendre goût.

La Gazette du doublage : Après les cours de Henri Rollan, avez-vous préparé le Conservatoire ?

Marc Cassot : Après les cours de Henri Rollan, j’ai été élève pendant deux ans à l’IDHEC, une école de cinéma pour acteurs mais où l’on apprenait également la mise en scène. On avait Grémillon, Carné, Autant-Lara qui venaient nous donner des cours. Mais, je travaillais en parallèle... A cette école, j’ai connu la comédienne Jacqueline Ferrière (voix d’Ava Gardner, NDLR).

J’ai aussi suivi des cours au Conservatoire en tant qu’auditeur afin de préparer le concours. Au moment de le passer, on m’a proposé une création de pièce à Paris. A cette époque, on n’avait pas le droit de jouer sur les Boulevards tout en faisant le Conservatoire. Donc, on m’a demandé de choisir entre le Conservatoire et les Boulevards. J’ai donc créé la pièce Moineau étudiante de Jean Canolle au Théâtre Labruyère.