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La Gazette du doublage : Pouvez-vous nous parler du film Normandie-Niemen (1959) dans lequel on vous retrouve aux côtés de Roland Ménard, Pierre Trabaud...

Marc Cassot : C’était la première coproduction franco-russe. Dréville, le réalisateur, qui me connaissait, m’a engagé pour le rôle du commandant. Je sortais du film Si tous les gars du monde de Christian-Jaque... Nous sommes partis en Russie où nous sommes restés cinq mois ! Le climat politique était difficile et nous étions surveillés : téléphone sur écoute, courrier ouvert... Nous avons rencontré des gens formidables parmi la population. Quant à Trabaud et Ménard, je les connaissais déjà et j’avais travaillé avec eux au théâtre…

La Gazette du doublage : Parlez-nous du film que vous avez tourné aux Etats-Unis ?

Marc Cassot : C’est Le Grand pavois de Jack Pinoteau, le frère de Claude. Il avait réalisé Le Triporteur... Pour ce tournage, nous sommes partis sur le bateau-école la Jeanne d’Arc. J’étais tout seul comme acteur car il fallait juste situer le héros à Cuba, à Rio... J’ai donc vécu sur ce bateau comme un jeune officier de marine. Le film s’est fait ensuite à Brest où l’on a engagé d’autres comédiens qui faisait aussi de la synchro : Jacques Thébault, Maurice Sarfati...

La Gazette du doublage : Souhaitez-vous évoquer d’autres films dans lesquels vous avez joué ?

Marc Cassot : Oui, il y a Les Dieux du dimanche (1948) de René Lucot, un grand metteur en scène de la télévision, dans lequel j’interprétais le rôle d’un gardien de but international. J’ai tourné pendant la mi-temps du match France-Ecosse, devant les spectateurs venus pour le vrai match. Ils croyaient que j’étais le vrai joueur à qui l’on faisait faire de la publicité !

La Gazette du doublage : Et pour la télévision ?

Marc Cassot : A la télévision, j’ai eu la chance de travailler avec de grands réalisateurs tels que René Lucot, Pierre Badel, Claude Barma, Stellio Lorenzi, Alain Boudet... J’ai tourné dans de grandes dramatiques en direct, comme pour la série de La caméra explore le temps. J’y ai parfois joué aux côtés de William Sabatier, un très bon camarade.

La Gazette du doublage : Comment êtes-vous venu au doublage ?

Marc Cassot : C’était à l’époque où je jouais la pièce Le héros et le soldat de Bernard-Shaw au Studio des Champs-Elysées. C’était déjà ma vingtième pièce mais je n’avais jamais fait de doublage. Je savais que cela existait mais cela ne m’intéressait pas plus que cela. Le directeur de la MGM à Paris est venu me voir au théâtre. Il a trouvé que j’avais une voix intéressante et m’a proposé de venir faire un essai. J’y suis allé décontracté car je n’attendais pas après cela pour gagner ma vie... Il s’est avéré que c’était pour doubler John Garfield dans Le Facteur sonne toujours deux fois (1946). C’était encore du doublage à l’image et j’étais dirigé par André Lorière. On vous donnait un texte que vous appreniez en vitesse. Ensuite, vous répétiez avec l’image et puis on enregistrait. Après, je n’ai pas arrêté de doubler des premiers rôles : William Holden dans Le Pont de la rivière Kwaï et dans d’autres films... Et j’ai eu la chance de doubler Paul Newman !