Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 




La Gazette du doublage : Citez-nous les comédiens qui étaient des « vedettes de la synchro » dans les années 30 ?

Renée Simonot : A part Richard Francoeur et Marie Francey, il y avait aussi Marc Valbel avec lequel j’ai synchronisé, son père, Henry Valbel, Jean Davy, Jacqueline Hopstein, une petite femme très effacée, Colette Broïdo, qui était un peu plus âgée que moi... Colette Adam en faisait aussi pas mal. Lorsqu’elle était au doublage d’un film, je n’y étais pas car on doublait toutes les deux les mêmes types de rôles. Elle avait une voix plus chaude que moi, plus de jeune première.

La Gazette du doublage : A cette époque, avez-vous connu Isabelle Kloucowsky qui était directrice de la synchro à la MGM à Paris ?

Renée Simonot : Oui, je l’ai bien connue car mon mari (Maurice Dorléac) y était directeur de plateau et travaillait sous sa responsabilité. Elle ne dirigeait pas les plateaux mais elle faisait quand même la distribution artistique. Les directeurs de plateau ne s’occupaient pas du casting. J’ai très peu travaillé avec elle mais j’en ai gardé un très bon souvenir. Je l’ai surtout connue en dehors du métier car elle était très amie avec mon mari.

La Gazette du doublage : A la synchro, aviez-vous un type d’emploi bien défini ?

Renée Simonot : Oui, je doublais les ingénues et les jeunes premières : Sylvia Sidney, Olivia de Havilland... A partir de 45 ans, mon registre a un peu évolué.

La Gazette du doublage : Quelles sont les autres actrices que vous avez souvent doublées ?

Renée Simonot : J’ai doublé Sylvia Sidney à la Paramount jusqu’à la fin des années 30 car, après, elle a un peu disparu. Après la guerre, à la Metro-Goldwyn, la première actrice que j’ai doublée a été Esther Williams. Quant à Olivia de Havilland, je l’ai doublée dans presque tous ses films à part Autant en emporte le vent. Je crois que Colette Adam l’a fait une fois aussi. J’étais tellement habituée à la doubler, que si l’on m’avait donné seulement le texte, je l’aurais joué exactement comme elle. Je connaissais ses tics, ses manies, ses petits gestes... Je la connaissais par cœur ! Sinon, j’ai aussi doublé Jane Wyman, Donna Reed, Judy Garland et bien d’autres…

La Gazette du doublage : Avec quels directeurs de plateau avez-vous travaillé ?

Renée Simonot : J’ai travaillé essentiellement à la Paramount. Après le fameux M. de la Falaise, il y a eu Alfred Kirschner et ensuite André Gerbel. C’était Isy Pront qui dirigeait le service de synchro. J’ai aussi travaillé ponctuellement pour de petites sociétés : Pour Mme de Villiers, pour les frères Kikoïne... A la Metro, il y avait Gérald Devriès qui était un ami de mon mari. Plus tard, il a écrit des adaptations. Toujours à la MGM, il y avait André Lorière avec qui je ne m’entendais pas très bien. Je l’avais connu lorsque j’étais enfant, au théâtre...