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FESTIVAL DE DINARD 2008 :
LE FUNAMBULE

de James Marsh
Par Nicolas VILLODRE

Dans un festival à la programmation riche et variée (cf. lire notre article sur le festival) mais manquant manifestement, cette année, de chaleur, au sens propre, c.à.d. météorologique, du terme (« Let the sun shine ! », chantait-on dans Hair, en 1967-68), comme au figuré (que sont Laurence Granec et Karine Ménard devenues ?), nous avons tout de même eu le plaisir d’assister à l’avant-première du film Le Funambule, consacré à la prise de la bastille des Tours jumelles de New York par le Don Quichotte des cimes, Philippe Petit…



Le Funambule, malgré quelque défaut technique (sons désynchronisés, images qu’on a oublié de désanamorphoser, redites...), peut déjà être considéré comme l’un des films événements dont la sortie en DVD (le film sera directement diffusé ainsi, comme cela se fait de plus en plus) est prévue pour la fin de cette année. En anglais, le document s’appelle Man on Wire ; le titre français qui, comme toujours, est beaucoup mieux, moins prétentieux, plus précis, plus bref, sonne un peu comme somnambule. Il faut dire que le danseur de corde, une fois là-haut, est en pilotage automatique ; il déambule, marche comme un possédé au bord de la transe ou un dormeur mi-éveillé, guidé par le subconscient ; centré sur sa ligne de fuite, il perd toute notion du temps ; il accomplit l’acte le plus poétique et gratuit qui soit : arpenter l’espace et brasser de l’air – « Je ne suis qu’un homme qui marche dans le ciel », explique par ailleurs Petit.

Avant d’être porté au pinacle, comme disait Stroheim, cet artiste singulier a exercé tous les petits métiers circassiens, sur les places publiques de France et de Navarre. Il a contribué très tôt, avant tout le monde, en fait, avant l’invention du parvis de Beaubourg ou la création d’innombrables festivals consacrés aux arts de la rue, à remettre au goût du jour des disciplines issues de la tradition foraine et de la commedia dell’arte. Il a pratiqué le monocycle, le jonglage, la prestidigitation et la pantomime – un art qui s’est très longtemps confondu avec la danse.