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LA STRUCTURE DRAMATIQUE

L’introduction ou l’exposition nous présente le lieu du récit, le protagoniste et son environnement. C’est l’histoire de Philippe Abrams, directeur d’une agence de la Poste à Salon-de-Provence. Marié à Julie, il a fait plusieurs demandes de mutation sur la côte pour redonner le goût à la vie à sa femme, dépressive.

La prémisse (appelée également incident déclencheur) arrive rapidement : pour être sûr d’obtenir sa mutation sur la côte, Philippe Abrams se fait passer pour un handicapé lors d’une scène mémorable. Mais il est démasqué par son administration.

On assiste alors au 1er noeud dramatique (nommé aussi 1er pivot) du récit : Philippe Abrams est muté dans le Nord de la France pour deux ans. Sa femme, furieuse du mensonge de son mari, refuse de l’accompagner.

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Le début du développement ou noeud du scénario nous présente un protagoniste que je qualifie de passif. Pourquoi ? Normalement, le protagoniste, doté de sa mission à accomplir, recourt à divers moyens pour la mener à bien. Ici, Philippe Abrams, dont l’objectif est de survivre dans le Nord et en plus sans sa femme et son fils, s’y rend en voiture, désabusé, la mort dans l’âme. Ses moyens pour survivre ? Tout simplement subir son existence et ce qui va lui arriver.

Et cela commence par une avalanche de clichés fort drôles sur le Nord Pas-de-Calais, qui constituent les premiers obstacles auxquels va être confronté Philippe Abrams : les trombes d’eau, le langage ch’ti, le regard louche d’Antoine lorsqu’il l’héberge et les spécialités culinaires imposées par la mère d’Antoine qui se révèle incompréhensible et autoritaire. Comment réagit Philippe Abrams face à ces obstacles ?

On note plusieurs sortes de conflits. Le premier est un conflit externe de situation lorsque Philippe Abrams, après avoir renversé Antoine, le facteur, et ne comprenant pas le langage ch’ti utilisé par Antoine, croit que ce dernier est blessé à la mâchoire. Ce conflit est très intéressant car il nous révèle un trait de caractère très fort chez Philippe Abrams : sa sincérité et sa bonté. Le deuxième conflit, un conflit externe réactionnel, qui pourtant naît de l’obstacle du langage, n’entraîne pas le même choix de la part de Philippe Abrams. Il envoie sur les roses les employés de la Poste dont il corrige leur diction avec méchanceté. Pourquoi réagit-il de la sorte ? Parce qu’ils symbolisent à ses yeux le Nord, l’adversaire auquel il va devoir faire face. Il revient à la dure réalité contrairement à la veille où la situation est différente : il est face à un individu qu’il vient de renverser et qui lui porte secours en l’hébergeant.

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