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L’ART DE
LEE MILLER
AU JEU DE PAUME

Photogénie
Par Nicolas VILLODRE

Lee Miller, top pour magazine de papier glacé, modèle pour chasseurs d’images et star du "cinématographe" cher à Cocteau, est passée de l’autre côté du miroir, derrière l’écran, hors du champ de la caméra. Elle a enchaîné travaux de recherche personnels, reportages frivoles et photojournalisme guerrier. Elle demeure l’un des personnages mythiques les plus fascinants du 20e siècle.



On a vite fait le tour des quelques dizaines de tirages en assez petit format, retenus par Mark Haworth-Booth, commissaire de l’exposition qui se tint en 2007 au Victoria and Albert Museum de Londres et qui a été reprise cet automne à Paris (nous en avions vu une variante l’année dernière au musée Picasso de Barcelone), autant d’images en noir et blanc de différentes périodes (l’accrochage n’étant ni logique, ni analogique mais, tout bonnement, chronologique), dispatchées dans les salles à demi-cloisonnés qui occupent le rez-de-chaussée du merveilleux musée dédié à l’art photographique qu’est devenu, en à peine quelques saisons, le Jeu de Paume.

Mais au temps consacré à arpenter l’espace devra s’ajouter celui qui sera affecté à l’écoulement de la durée, au 7e art, en l’occurrence, celui du film, que nous ne saurions écarter de notre visite, "étant donné" (comme disait Duchamp) qu’on est irrésistiblement happé par les archives audiovisuelles présentées en pro ou épilogue à la visite – une séquence du Sang d’un poète (1931) de Cocteau et un prototype de film d’art, Lee Miller ou la traversée du miroir (1997) signé Sylvain Roumette, qui s’essaie et, par moments, parvient à percer le secret du personnage légendaire qu’a été la photographe.