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JAMES BOND 007
Quantum
of Solace

de Marc Foster
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Même s’il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l’organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu’ils avaient imaginé… Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d’affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d’une mission qui l’entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manoeuvre pour prendre le contrôle de l’une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l’organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique… Pris dans un labyrinthe de traîtrises et de meurtres, alors qu’il s’approche du vrai responsable de la trahison de Vesper, 007 doit absolument garder de l’avance sur la CIA, les terroristes et même sur M, afin de déjouer le sinistre plan de Greene et stopper l’organisation...



22 v’la James. 22 épisodes déjà qu’au cinéma, et parfois à la télé, il s’escrime. Et qu’on se le coltine, l’agent trouble du MI-6. Une première mouture de Casino Royale, tournée vite fait bien fait en 54 par CBS, d’une durée de cinquante minutes (48, en fait !), qui faisait nettement plus si l’on compte la pub ajoutée au moment de la diffusion – pub qui se la jouait humble en ce temps-là, se le tenait pour dit, restait pénarde, hors du profilmique, alors que, comme on sait, de nos jours, on ne compte plus les réclames, de moins en moins clandestines, de plus en plus ostensibles, voire envahissantes (au lieu de faire les frais d’un décorateur, la prod se fait payer par des multinationales pour exhiber des objets griffés plus ou moins interchangeables diffusés à l’échelle de la planéte), que ce soit pour Aston Martin, Ford, Volvo, Range Rover, Ka, Omega, Coca-Cola, Smirnoff, Sony Ericsson, Virgin Airlines, Heineken, Tom Ford, etc. En 22 épisodes (plus, si on compte ceux pour la télé) le film de "James Bond" est devenu un genre en soi. Dont le prototype demeure à tout jamais l’inégalé Dr No (1962) de Terence Young avec Sean Connery et Ursula Andress.

Le bondissant agent au service de sa majesté est pris en flagrant délit de pleine action, au milieu d’une course-poursuite à la Mack Sennett, de celles qu’il a apparemment coutume d’effectuer, quotidiennement ou presque, à pied, à cheval ou en voiture (qu’on se souvienne, par exemple, de la longue et vertigineuse séquence inaugurale du précédent épisode, parfaitement mise en scène, découpée et montée, qui jouait sur les effets mécaniques et les réactions en chaîne). En Aston Martin, en l’occurrence. Malgré le talent du cinémane alpin, doué pour la composition à l’intérieur du cadre, pour les effets graphiques, pour le choix des couleurs, le jeu des textures et les effets de contraste (le corps nu enfoui dans le sable fin du générique du début ; la scène des véhicules noirs se détachant du fond blanc des carrières de marbre de Carrare ; la Britiche mazoutée comme une mouette lors d’une marée noire, clin d’œil au Goldfinger de Guy Hamilton dans lequel le corps en bikini de la mignonne Londonienne Shirley Eaton était entièrement recouvert d’une couche de peinture dorée ; les descriptions des décors luxueux des grands hôtels ; la séquence hallucinante de l’Opéra de Bregentz, qui se réfère explicitement à celle du Parrain n°3...), une certaine confusion finit (ou commence déjà) par s’installer du fait d’un montage beaucoup trop analytique ou pointilliste pour le commun des mortels, et aussi de l’oubli de quelques fondamentaux – les deux voitures, celle de James Bond comme celle de ses poursuivants mal intentionnés, ont le même look et la même couleur noire, ce qui n’aide pas vraiment à comprendre la scène. Qui est qui ? That is the question.