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HELLBOY II
De Guillermo Del Toro
Par Guillaume RICHARD

SYNOPSIS : Hellboy se retrouve confronté à un nouveau défi : combattre un prince Elfe qui cherche à rompre l’harmonie entre le monde des hommes et celui des monstres...



Cette tentative pourra sembler, pour certains, banale, mais à mes yeux nécessaire. A quoi servirait-il, en effet, de dire du bien des deux premiers films de la saga Hellboy, deux épisodes injustement sous-estimés ? Sous-estimés du moins en Belgique, moins en France où la critique, plus ou moins unanime, défend les deux films. Il est quand même étrange, dira-t-on, que le cinéma hollywoodien de ces dernières années soit si riche et complexe dans ses dispositifs de représentations. C’est peut-être aujourd’hui, à l’heure ou le fric règne en roi dans le milieu du cinéma, que, paradoxalement, le cinéma américain se révèle être le plus fascinant des cinémas du monde. N’entendez-vous pas ou ne pensez-vous pas l’inverse ? C’est l’idée reçue, le préjugé par excellence. Rien n’est moins puissant, ni plus intelligemment pensé, que le cinéma américain, dans son phénomène global. Dans ce territoire de cinéma unique, même les blockbusters, réputés infâmes ou puérils par la majorité, apportent leur contribution à l’édifice. Ils en sont presque un des moteurs. Que s’y passe-t-il ? Qu’y voit-on ? Des métaphores, des critiques parfois profondes et audacieuses, des idéaux et des plans politiques, de l’hégémonie pure, de la dérision. Certains blockbusters, pas tous, arrivent à être de véritables "entreprises artistiques", au sens noble : des regards, de la pensée, des "émotions". Jamais les frontières du cinéma n’ont étés aussi flexibles qu’aujourd’hui. Il suffit de voir les excellents films de Depardon, Doillon, Joreige ou... Del Toro pour s’en convaincre. Débattons sur ce sujet difficile. Il faut noter que le texte qui suit donne suite à la vision, du deuxième épisode, au festival de Deauville.

Hellboy II frappe avant tout pour son ton décalé, sa nonchalance avouée qui transparait de part en part. Hellboy n’est pas un super héros comme les autres, c’est l’incarnation du comble même de ceux-ci : l’acceptation et l’élévation au sublime de sa différence. Il ne se bat jamais contre lui-même, ni contre son destin, il ne remplit aucun rôle. Son costume de super héros, on le doit à l’organisation secrète chargée de cacher son existence et celle des autres "monstres". C’est elle qui a besoin de nos amis pour venir à bout des forces du mal. Hellboy, lui, s’en moque complètement, il est plus intéressé par Liz, sa compagne, ses cigares ou la détente. Il s’en moque car il se sait presque invulnérable, il sait qui il est et d’où il vient, et ce qui l’attend. D’où la paresse, la nonchalance, la "cool attitude". Cet écart qu’impose Del Toro à son film est certainement la clé de sa réussite. Non pas que Hellboy soit insensible au monde extérieur (ce n’est pas le cas, évidemment), mais que le monde, l’existence, devient un jeu pour lui. Ce deuxième volet, comme le premier, s’avère parfois très drôle. C’est une vertu de nos jours, surtout dans de nombreux films américains où le rire est sans cesse programmé et décalqué sur la bêtise de son public cible.