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QUID DU CINEMA US SOUS OBAMA ?
Par Guillaume RICHARD

Alors que les doux rêveurs voient en l’élection de Barack Obama un renouveau pour le monde politique (à juste titre ?), les conséquences de celle-ci sur les artistes ne devront plus tarder à se faire sentir. Qu’est-ce que cela va impliquer pour la matrice thématique et idéologique du cinéma américain ? Va-t-on assister à un renversement des valeurs et du cinéma en place ? Certaines choses pourraient en effet changer, tant la politique et l’esthétique, depuis les débuts de l’Histoire, nouent des liens cosubstantiels.



A l’heure où nous sortons à peine de l’investiture de Barack Obama aux élections américaines, de nombreuses questions concernant l’avenir du cinéma américain se posent irrémédiablement. Contre toute obamania et "peopolisation" écoeurante, phénomène à la mode de cet hiver, il faut nous interroger sur ce qu’un tel événement peut produire comme répercutions concrètes sur toutes les formes d’art. Nier cet impact, c’est nier l’influence de l’histoire sur les arts, et refuser ainsi la toujours actuelle mais controversée définition de l’art comme témoin des enjeux politiques et sociaux d’une époque, son sens marxien, en quelque sorte. Dans cette optique, le cinéma donne à voir et à penser l’histoire et en montrer ses ramifications au sein du réel. Comment cette nouvelle ère va-t-elle y trouver des formes concrètes, et sous quels signes ? Avec quelle nouvelle éthique de la représentation ? Et quels enjeux politiques ?

Ces questions ne se poseraient même pas si cet évenement aussi exceptionnel (un noir à la maison blanche), compte tenu de son historicité et de sa valeur symbolique, ne s’accompagnait pas d’autant de promesses. Fin de l’occupation irakienne, engagement radicaux en faveur de l’écologie, réformes sociales ou encore refonte du système de santé. Tout y est vu en grand, le messie est donc arrivé. Ces promesses convergent toutes vers la prespective d’un monde meilleur, enfin juste, où les réelles injustices seront enfin combattues. L’absurdité de ces croyances sont confirmées par l’idiotie dans laquelle l’opposition Obama/McCain a tounée : le bon contre le mauvais, la raison contre la bêtise, le pacificateur contre le guerrier. Heureusement que dans toute cette fiction à l’américaine le formidable discours de défaite du candidat républicain a fait renaître un peu de vie. Que penser de l’image véhiculée par toute cette campagne, jusqu’à la victoire d’Obama ? Est-elle autre chose qu’une caricature ? Pas vraiment. C’est cette caricature qui a fait le tour du monde et qui s’est constituée comme discours sur la politique et sur l’avenir global du monde. Rien n’est plus inquiétant, rien n’est plus éclairant sur la nature des hommes et des femmes qui se sont laisser prendre par ce jeu sans subtilité des médias. Obama est ainsi l’espérence, celui sur lequel repose l’avenir d’une idéologie et d’une part de l’humanité contemporaine.