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SEAN ELLIS
réalisateur de The Broken
Par Laetitia HEURTEAU

Dans le coeur de l’image de The Broken

Après le prometteur Cashback (2007), Sean Ellis nous emmène avec The Broken dans un univers particulièrement sombre et tourmenté, digne d’Edgar Allan Poe dont il annonce clairement la référence en début de film. Autour d’un entretien par mail interposé, celui qui vient d’abord de l’univers de la photographie, a accepté de répondre à nos (bien nombreuses) questions. L’occasion pour nous de nous plonger dans le "cœur de l’image" et parler pleinement de la fabrication de ce bel ouvrage de cinéma.



Londres joue un rôle très important dans votre film, quelle est votre relation personnelle avec cette ville ?

Je suis né et j’ai grandi à Brighton, qui se trouve à 80 km au sud de Londres. Quand j’étais petit, j’ai toujours su qu’il existait une bien plus grande entité, -Londres -, qui se trouvait d’une manière ou d’une autre liée à Brighton. Et Brighton est souvent appelée “la petite Londres des bords de mer”.

Avec The Broken, quel genre de Londres aviez-vous envie d’explorer ?

J’ai toujours eu un gros problème avec la manière dont on fait le portrait de Londres au cinéma. Il y a trois clichés. Premièrement, les gens pensent Londres et immédiatement Notting Hill, avec son lot de comédies romantiques. Deuxièmement, on trouve le film de gangsters qui a toujours été très populaire en Angleterre. Et enfin, on retrouve ce qui reste du cinéma anglais des années 50/60. Un nouveau genre de films a vu le jour à cette période, qu’on a appelé “les drames d’éviers de cuisine”. On les appelait ainsi parce qu’ils évoquaient le quotidien de la vie ordinaire de la classe ouvrière. Ils sont toujours à la mode aujourd’hui et consistent en une histoire déprimante, dans une cité où tous les personnages se plaignent de leurs problèmes tout aussi déprimants que l’injustice dont ils sont victimes.

Je pense que cela plaît à une certaine catégorie d’individus qui se rassurent en voyant qu’il y a pire qu’eux, mais pour moi, ça me donne envie de quitter le cinéma, rentrer chez moi et me tailler les veines ! Le seul film que j’ai vraiment adoré de ces années-là est Billy Liar de John Schlesinger, et d’une certaine manière, Cashback rend hommage à ce film. Avec The Broken, je voulais explorer un “nouveau” Londres.

Je voulais un Londres très cinématographique. Je pense que Londres n’est pas très cinématographique et en cela, je voulais relever un challenge et montrer Londres comme vous ne l’avez jamais vu.