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Après Cashback, pourquoi avez-vous choisi de traiter pleinement du genre du thriller fantastique ?

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il n’y a aucun lien entre Cashback et The Broken. Ce sont vraiment deux films complètement différents. J’ai toujours été très intéressé pour raconter des histoires sombres sur la réalité de notre identité, et que cette même identité se trouve pourchassée par une horreur inimaginable.

Dans The Broken, pourriez-vous nous parler de vos propres références par rapport au thème du double ?

De nombreuses histoires font références aux doubles. Cela a toujours été un thème populaire. William Wilson, l’histoire courte d’Edgar Allan Poe a été ma première rencontre avec ce thème. Son écriture procure un tel frisson d’angoisse. Je voulais essayer de réaliser une interprétation cinématographique de cela. Et j’ai toujours été un grand fan d’Orphée de Jean Cocteau. J’adore l’idée d’un monde caché derrière le miroir.

Comme dans Cashback, il y a beaucoup de courts plans subjectifs où l’on s’échappe de la réalité -même du film. A quel moment cette forme de narration apparaît dans la fabrication du film ?

Je dirais que tout est planifié avant même que je commence à écrire le script. J’aime imaginer le film dans son intégralité, du début à la fin, avant de commencer l’écriture du scénario. Je pense d’abord en “images”, et ensuite en “mots”. Puis il faut transformer à nouveau ces mots en images quand je suis derrière la caméra.

Comment travaillez-vous la fluidité de votre image à l’écran ? Quels sont finalement vos propres choix de composition ?

La fluidité est l’un de mes principaux buts quand je fais un film. Quand j’étais photographe, je n’ai jamais eu à me soucier d’enchaîner une prise avec une autre. Mais dans un film, la transition entre deux scènes doit se faire sans heurts, et il a fallu que je m’entraîne très dur pour faire en sorte que ces transitions se fassent en souplesse. C’est ce qu’il y a de marrant avec le montage : on le remarque uniquement quand quelque chose ne va pas. Mais tout le reste, je veux dire, le processus de réalisation d’un film, doit aussi être invisible aux yeux du spectateur.

Le film traite aussi du thème de l’inconscient. Avez-vous laissé aussi un peu de place à votre inconscient quand vous avez monté ce film ?

J’essaie de sentir le film. Une fois que les scènes dont on a besoin sont tournées, alors on passe au montage. Ce processus devient très intuitif – ce sont les tripes qui vous guident vers ce qu’il faut faire. Idem avec l’étape “musique”. On essaye de trouver le son qui fait que tu te sens d’une certaine manière, en fonction de ce que tu regardes.

En quoi vous vous sentez proche de l’univers d’Edgar Allan Poe ?

C’est surtout en rapport avec “l’idée de l’horreur” plus que l’horreur elle-même. Poe est un maître dans l’art de créer l’horreur. Mais pas avec du “gore” et du sang, mais plus le sentiment que quelque chose de très grave va arriver et qu’on ne peut rien faire contre ça.