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L’ECHANGE
de Clint Eastwood
Marc POQUET

Synopsis : Dans les années 20, un matin. Christine dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, celui-ci a disparu. Une recherche effrénée s’ensuit et, quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Christine le ramène chez elle mais au fond d’elle, elle sait qu’il n’est pas son fils... L’histoire d’une femme courageuse et obstinée, qui mit en échec une police corrompue et aida par son combat à restaurer la dignité et l’égalité de tous face à la loi.



Pour qui est un peu attentif et lis les génériques de fin, celui de L’Echange est assez révélateur. En effet, lorsque apparaît la liste des producteurs, on y découvre le nom de Ron Howard. Oui, le fameux Richie de happy days, devenu depuis un réalisateur à succès avec des films grands publics typiquement hollywoodiens, dont l’efficacité se dispute souvent à la mièvrerie.

Y a-t-il une relation de cause à effet ? Est ce la raison pour laquelle le dernier Eastwood déçoit un peu ? Probablement, même s’il n’est pas question ici de mièvrerie mais, plus justement, d’une sorte de platitude qui empêche le film d’être plus que ce qu’il est en apparence : un grand et beau film romanesque plutôt lisse.

Clint Eastwood a toujours été un cinéaste classique, fidèle à une tradition qui a fait l’âge d’or d’Hollywood. Sa mise en scène n’a jamais cédé aux afféteries du cinéma moderne, préférant respecter les codes centenaires qui permettent de raconter une histoire le plus efficacement possible. Et pourtant….la modernité de son cinéma n’a jamais fait l’objet d’un quelconque doute, lui permettant, à une époque où la trituration des images est devenue incontournable, de tenir encore le haut du pavé.

La raison de cette originalité ? Tout simplement la capacité à dynamiter la structure narrative pour aller au-delà des images et aboutir à quelque chose de plus profond, de plus riche. Les plus grands chef-d’œuvre d’Eastwood (Impitoyable, Mystic River, Un monde parfait,…) ont tous en commun cette particularité : une forme fluide et classique au profit d’une narration originale et presque désynchronisée. Non pas à la Tarantino, en bouleversant complètement les codes du récit, mais, plus subtilement, en faisant basculer le film – et donc le spectateur - dans un univers différent, souvent par l’irruption de scènes totalement inattendues. Qu’on se souvienne, par exemple, passage à tabac soudain et extrêmement violent dans Impitoyable ou encore de la scène finale de Mystic River qui accentue la dimension dramatique de ce fait divers.