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Il y a bien sur quelques scènes de ce type dans l’Echange, notamment toutes celles qui tournent autour du tueur en série. Qu’il s’agisse des flash-back le concernant, particulièrement violents et dérangeants, ou de la scène « westernienne » de la recherche de cadavres, on sent bien là la patte d’Eastwood. Soudainement, le récit de cette storytelling prend des détours imprévus et laisse entrevoir autre chose de beaucoup plus noir et profond. Ce n’est plus le drame d’une mère ayant perdu son enfant qui nous est montré, mais l’image d’une certaine Amérique, bien loin des clichés pontifiants du rêve américain.

Malheureusement, l’effet reste limité, car très rapidement, le film retombe dans sa facture classique et distille alors un ennui poli. La faute à qui (ou à quoi) ? Difficile de désigner précisément une cause. La reconstitution, peut être, trop parfaite, trop bien léchée. L’interprétation aussi, avec une course à l’Oscar trop manifeste de la part d’Angelina Jolie (par ailleurs très bien dans le rôle, mais là n’est pas la question) et des acteurs falots dans les seconds rôles. La construction dramatique enfin et surtout, trop linéaire et alourdie de scènes « à faire » qui plombent le récit (l’internement forcé et son lot d’infirmières sadiques ou la sempiternelle séquence du procès). Trois éléments qui, en tout état de cause, pointent la responsabilité de Ron Howard, chantre d’un cinéma aseptisé et sans relief.

Et pourtant, Dieu sait que la matière du film aurait permis de dépasser le cadre de la simple reconstitution historique ou du drame intime. Car apparaissent en filigrane quelques thèmes majeurs de l’univers eastwoodien, comme la violence intrinsèque de la société américaine ou la corruption des pouvoirs établis, contre lesquels doit lutter l’individu pour sauvegarder sa liberté. Thèmes à peine survolés et surtout affadis par un manque d’ambition flagrant, comme ce personnage du capitaine de police, méchant caricatural et creux, alors qu’il pourrait être le symbole d’une Amérique arrogante et corrompue.

Alors, soyons honnête, le film se regarde sans déplaisir et, malgré sa durée, ménage quelques moments forts, qui le placent largement au-dessus du tout venant hollywoodien. Mais s’agissant de Clint Eastwood, le spectateur – et admirateur inconditionnel - attendait quelque chose de plus ambitieux.






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Réalisateur : Clint Eastwood
Producteurs : Brian Grazer, Ron Howard, Rob Lorenz, Clint Eastwood
Scénariste : J. Michael Straczynski
Directeur de la photographie : Tom Stern
Compositeur : Clint Eastwood
Monteur : Joel Cox, Gary Roach
Chef décorateur : James J. Murakami
Acteurs
Christine Collins : Angelina Jolie
Révérend Briegleb : John Malkovich
Lieutenant Lester : Ybarra Michael Kelly
Capitaine J.J. Jones : Jeffrey Donovan
Gordon Northcott : Jason Butler Harner
Arthur : Devon Conti
Sanford Clark : Eddie Alderson
James Nesbitt : Gabriel Schwalenstocker
Joshua Bell : Jason Ciok
Orderly : Kevin Glikmann
Le chef de la police : Colm Feore
Jeffrey : Devon Gearhart

 



L’Echange (2008)
Lettres d’Iwo Jima (2007)
Mémoires de nos pères (2006)
Million Dollar Baby (2005)
Créance de sang (2002)
Piano blues (2001)
Space Cowboys (2000)
Jugé coupable (1999)
Minuit dans le jardin du bien et du mal (1998)
Les Pleins pouvoirs (1997)
Sur la route de Madison (1995)
Un monde parfait (1993)
Impitoyable (1992)
La Relève (1991)
Chasseur blanc, coeur noir (1990)
Bird (1988)
Le Maître de guerre (1987)
Pale Rider, le cavalier solitaire (1985)
Le Retour de l’inspecteur Harry (1984)
Honkytonk man (1983)
Firefox, l’arme absolue (1982)
Bronco Billy (1980)
L’Epreuve de force (1978)
Josey Wales hors la loi (1976)
La Sanction (1975)
L’Homme des hautes plaines (1973)
Breezy (1973)
Un frisson dans la nuit (1972)