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DATAMATICS [ver.2.0]
de Ryoji Ikeda
Par Nicolas VILLODRE

Ryoji Ikeda innove en matière d’arts visuels et sonores en se servant uniquement de l’ordinateur. Il produit des installations, des spectacles, des concerts audiovisuels et des films "live" sans s’exhiber sur scène, en se tenant en régie, derrière le public.



Décidément, ces sous-sols de Beaubourg sont difficiles à chauffer et, plus encore, à réchauffer (cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article4707). Comme si, à chaque fois ou presque, le public convoqué, sinon convié, s’était trompé de spectacle. Une foule de trentenaires bohèmes, probablement formés aux raves, et coutumiers des techno parades, et endurcis aux festivités phoniques, et rompus aux Nuits Blanches, et familiers des réjouissances soniques, se trouve là comme par hasard, par curiosité, par kurosawa, pas vraiment par nécessité, afin de ne pas rater une pointure de la « scène électro ». Ce public blasé applaudit du bout des doigts, repart tout chose, tout penaud, tout camus en marmonnant son désabusement avant de rejoindre son faubourg bellevillois ou son cocon montmartrois.

Les programmateurs, de nos jours, font dans le « name dropping » avec une poignée de « têtes d’affiches » interchangeables, de Julie Binoche, Denis Hoper et autres Jane Balibar soi-disant peintres, poètes, chanteurs, sculpteurs et même danseurs – pourquoi pas comédiens tant qu’on y est ? tandis que ce public d’enfants rois occupe la place qui était réservée au prince, au commissaire de police et au médecin de garde, veut se tenir au courant du dernier courant, être au fait et au faîte de la fête, rester branché, dans le coup, coûte que coûte. Il n’est jamais sevré. Mais jamais content. T’as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul, t’as plus aimé ta mère et on a quitté ta sœur, comme toujours. Venu pour l’entertainment et le fun, il assiste à un show expérimental. D’où ce genre de malentendus.

Mais ne vaut-il pas mieux cela que l’inverse ?