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ANDALUCIA
d’Alain Gomis
Par Emmanuelle COSTET,
vu au festival Crossing Europe
en avril 2008.

SYNOPSIS : Dans son royaume coloré – sa caravane, sa musique, ses héros – Yacine est le maître du jeu. Qu’il soit animateur pour enfants ou guide touristique, il vit chaque expérience au présent. Yacine revoit Djibril, un ami d’enfance. Il se trouve alors confronté à lui-même, à ses origines, à son désir de reconnaissance... Yacine s’en va. Il décide de rejouer la partie pour trouver sa vraie place, celle qui le rendra libre...



« Portrait de l’artiste en borderline » Ou « La société mise à nu par ses artistes, mêmes. »

Quels sont ces yeux qui nous regardent ?... Quel est ce regard noir qui nous vrille le cœur, d’un bout à l’autre du dernier film d’Alain Gomis, périlleuse traversée d’un miroir aux mille facettes, jeu de cache-cache entre le cinéaste et son « double » ?... Ces yeux écarquillés sur un Paris contemporain sont ceux de Yacine, une « créature de cinéma » comme on n’en avait pas vu depuis longtemps… et qui nous ferait presque désirer d’être « fou », tant l’expérience de porosité à l’autre, d’ouverture à l’ici et maintenant, qui est la sienne, nous paraît soudain belle et désirable !

Ce personnage, que nous découvrons en « éducateur » peu conforme, se révèlera aussi en « voyou repenti », réfugié chez les gens du voyage, égaré parmi des enfants de la balle, mais ne se laissant tout d’abord ranger dans aucun tiroir, aucune catégorie sociale stricte et définitive…

Yacine, il marche, il court, il est toujours déjà plus loin !

Que ce soit dans cette séance de « peinture » inaugurale, jubilatoire et excessive, qui ouvre le film, dans la rencontre érotique aussi fulgurante qu’éphémère, qui la suit, ou plus tard dans cette hallucinante « visite de l’appartement » de la femme dont il est tombé amoureux et qu’il suit comme au bord de l’hypnose, jusque chez son mari –médusé - ! Yacine est souvent dans une immédiateté, une réactivité à l’autre qui le conduit tout au bord du gouffre, dans une région où il ne saurait plus trop qui il est et ce qu’il fait là, soudain, où ses pas l’ont conduit…