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DVD

UN MUR A JERUSALEM

de Frédéric Rossif et Albert Knobler
Par Nicolas ONNO

Synopsis : De l’affaire Dreyfus à l’installation progressive des premiers colons juifs en Palestine au début du siècle, la construction douloureuse de l’Etat hébreu. Promulguée par David Ben Gourion le 14 mai 1948 après ratification de l’ONU, la naissance d’Israël marque le véritable début du problème quasi insoluble qui perturbe depuis les relations internationales au Proche-Orient. Interrogeant le « fait israélien », sont évoquées au travers de ce documentaire réalisé il y a quarante ans les causes et conséquences du drame palestinien et des premiers conflits israélo-arabes (1948, 1956, 1967).



A l’occasion du soixantième anniversaire de la création de l’Etat hébreu, commémoré cette année par les chaînes nationales, qui ont diffusé les films de Claude Lanzmann (Pourquoi Israël) ou y ont consacré quelques soirées thématiques, il n’est pas inutile de se procurer le documentaire de Frédéric Rossif et Albert Knobler, Un Mur à Jérusalem (1968). Car bien qu’un peu daté, l’excellente initiative des éditions Montparnasse permet de revoir un précurseur du genre, mis en boîte au lendemain de la troisième victoire Tsahal sur la ligue arabe (la guerre des Six Jours, 5-10 juin 1967), qui aboutit à l’occupation des territoires palestiniens par les troupes israéliennes : la partie Est de la ville sainte de Jérusalem, la Cisjordanie, Gaza. Cela avant les deux Intifadas (1987 et 2000), la montée du terrorisme djihadiste et les deux guerres du Liban (1982 et 2006).

L’exploitation vive d’images d’archive souvent inédites dotée d’une interprétation presque polyphonique, écrite par l’écrivain Joseph Kessel et dite par le duo monocorde Bérangère Dautin/Georges Descrières, paraît certes loin des canons qui font la norme du reportage d’actualité d’aujourd’hui (le sacro-saint « flux ») : la compilation croisée d’extraits de JT et d’interviews des différents acteurs du conflit, comme dans le controversé Les Années de sang (2006) du correspondant régulier de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin.

Du rêve identitaire et de l’idéal sioniste des premiers colons, dont l’enthousiasme se cristallisa dans le modèle du kibboutz, à l’aspiration légitime des rescapés de l’Holocauste à posséder une patrie commune, le film revient à la fois sur le contexte politique de la naissance d’Israël mais aussi sur sa genèse spirituelle (les maximes bibliques énoncées par la voix atone de Michel Bouquet). Sans être forcément tout à fait neutre – pas grand-chose n’est notifié par exemple sur les appuis internationaux et les amitiés d’Israël –, le film de Rossif demeure honnête dans sa forme et dans son commentaire.