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L’ASSAILLANT
EL ASALTANTE

de Pablo Fendrik
Par Géraldine AMGAR

SYNOPSIS : El Asaltante traite de ce moment très particulier de la vie d’un homme. Il est sur le point de mettre à excécution un plan qu’il prépare depuis longtemps. La caméra suit presque tous ses faits et gestes. Le spectateur devient témoin privilégié des moments les plus intimes de cette personne, entre angoisse et désespoir, dans les secondes qui précèdent sa décision sur une question de vie ou de mort. L’action d’El Asaltante se déroule sur deux heures et demie.



POINT DE VUE

Le fait divers nourrit la création des auteurs ; Chabrol (« La cérémonie », « La fille coupée en deux »), Truffaut (« La peau douce », « L’Homme qui aimait les femmes »), Cantet (« L’Emploi du temps »), Gus Van Sant (« Elephant »), nombre de cinéastes ont reconstruit à leur façon un évènement tiré de la réalité ; le secret d’une histoire fragmentaire, l’énigme de la psychique des personnages, le passage à l’acte, il est un support idéal de fiction. La fascination des réalisateurs pour le fait divers tient moins à la reproduction exacte de l’événement qu’à la possibilité d’y projeter sa vision, d’y imprimer son propre désir de cinéma. « L’Assaillant » ne déroge pas à cet attrait du réel réinventé.

Quelques lignes lues dans un journal ont suffi pour inspirer ce jeune cinéaste argentin, Pablo Fendrik, qui signe avec « L’Assaillant », un premier long métrage tout à fait intéressant. Tourné en neuf jours, sans véritable scénario, le film est né comme il a été réalisé, dans une grande impatience de passer à l’acte créateur.

Un homme marche dans la rue et on le suit ; caméra à l’épaule, on emboîte le pas de ce héros anonyme. La vie urbaine défile sous nos yeux au fur et à mesure qu’il se déplace. Où va-t-il ? Que va-t-il faire ? Le suspense s’installe. Subitement, il s’engouffre dans un bâtiment et le film rejoint le fait divers qui l’a inspiré, celui d’un double braquage effectué dans deux collèges privés de Buenos Aires à vingt minutes d’intervalles.

Le choix de parti-pris de la mise en scène de filmer en quasi-temps réel -l’absence de coupures, le choix de longs plans séquences en plans très serrés- nous plonge au cœur de l’action. Faire ressentir au spectateur les émotions du personnages principal, lui donner l’impression d’être le témoin privilégié de l’histoire, Pablo Fendrik n’a pas voulu faire autre chose. Une économie de moyen et un besoin vital de cinéma. Jamais on ne saura les raisons qui poussent cet homme à commettre ces braquages et d’ailleurs, ce n’est pas ça qui est important ; refusant toute démonstration narrative, « L’Assaillant » est un film physique ; le nœud de l’intrigue, c’est le corps d’un homme, sa démarche, sa voix, l’expression de son regard. En ce sens, il ne s’y raconte pas grand chose ; mais ce que Pablo Fendrik réussit à faire est de la pure mise en scène, capter l’énergie vitale d’un homme et sa présence dans l’espace. On n’en demande pas plus…






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