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MESRINE (Parties 1&2)
de Jean-Francois Richet
Par Marc POQUET

Synopsis  : Les spectaculaires actions criminelles de Jacques Mesrine que les médias introniseront "Ennemi public n°1" et que toutes les polices de France traqueront sans répit jusqu’à sa mort.



ANALYSE

Mesrine est un film français, incontestablement. Sa production, son réalisateur, le casting,… aucun doute n’est possible à ce sujet, ceci d’autant que Richet a fait le choix d’une reconstitution parfaite, qui ancre parfaitement la fiction dans la France des années 70. Mieux encore, Mesrine est un film d’auteur français, qui place l’individu et les personnages au centre du récit, veillant constamment à ce qu’ils ne soient pas noyés par l’action ou figé dans un décor historique. Le postulat, risqué, de faire en sorte que Vincent Cassel (littéralement habité par le rôle) soit présent dans presque tous les plans, est symptomatique de cette volonté de donner chair à ses protagonistes et d’éviter ainsi le piège de l’académisme. Sans oublier non plus un casting de très haut niveau, dans lequel chaque acteur excelle et qui symbolise à lui seul la richesse du cinéma français.

Pourquoi insister ainsi sur l’origine du film ? Tout simplement parce qu’avant de prolonger l’analyse, il convient d’évacuer la question, forcément posée, de la dimension américaine du film. Il n’y a ici d’ailleurs rien de bien original, Richet s’intégrant dans la lignée des cinéastes français récents qui ont grandi avec le Nouvel Hollywood plus qu’avec la Nouvelle Vague et qui ont à cœur de donner au cinéma français l’efficacité qui lui manque parfois. Sauf que ce qui relève de la simple posture chez les uns est au cœur d’une démarche artistique chez Richet.

Comme l’a prouvé son excellent remake d’Assaut de John Carpenter, Richet est plus proche des grands auteurs des années 70/80 que du mainstream hollywoodien qui fascine les clones de Besson. Il s’inscrit ainsi directement dans la tradition des contrebandiers chère à Scorsese, qui utilisent le cinéma de genre pour affirmer leur point de vue.