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HULK
d’Ang Lee
Par Benjamin FAURE

SYNOPSIS : Au cours d’une opération scientifique qui a mal tourné, le docteur Bruce Banner est exposé à une surdose de radiations nucléaires. Miraculeusement indemne, il sort néanmoins affecté de cette douloureuse expérience et développe le pouvoir de se transformer en Hulk, un monstre vert à la force surhumaine et à la rage incontrôlable. Cette créature ne se manifeste que lorsque ce dernier est soumis à une intense émotion. Mis au ban de la société, le docteur Banner est obligé de se cacher pour ne pas faire subir aux autres sa métamorphose. Le général Ross, le père de Betty, l’ex-petite amie de Bruce, est chargé de stopper le monstre par tous les moyens. Glenn Talbot, rival scientifique de Banner, est également sur les traces de Hulk. Lorsque Betty découvre que la créature a un rapport avec les recherches du père de Bruce, elle devient la seule à pouvoir comprendre ce qu’est Hulk...


ANALYSE

Peu ont apprécié ce que le réalisateur de Raison et sentiments (1996) et de Tigre et dragon (2000) a fait du personnage créé par Stan Lee et Jack Kirby en 1962. Pourtant Ang Lee a fait de Hulk un être complexe. Il a su exploiter toute la potentialité d’une créature à la fois inspirée par le monstre de Frankenstein (la référence commune au scénariste et au dessinateur de Marvel est Boris Karloff filmé par James Whale en 1931) et par le Dr Jeckyll et Mr Hide (peut-être la fameuse version de Victor Fleming sortie en 1941 a-t-elle aussi été une influence). Le réalisateur taïwanais a, en outre, enrichi son récit d’une relation père-fils inédite pour un personnage de BD porté sur grand écran.

Lâcher le monstre et se libérer

Ang Lee prend son temps et ce n’est pas avant la première heure écoulée qu’il nous montre la bête qui sommeille en Bruce Banner (Eric Bana). Banner est un scientifique doué, attaché à son laboratoire et à ses expériences. Il travaille sur la réparation cellulaire accélérée et cela consiste, entre autres, à faire éclater un gros crapaud en un geyser vert et visqueux. Bruce se rappelle à peine de ses parents naturels et en aucun cas ne se doute du terrible leg paternel. Il sent pourtant bien que tout ne tourne pas rond. Lorsqu’il se rase et qu’il se regarde dans la glace, le léger verdissement de son iris attise notre désir de voir surgir le colosse. De plus, ses relations amoureuses ne semblent pas aisées : sa charmante collègue et amie Betty (Jennifer Connely) est tant son « ex » que sa future compagne... Ils évoquent tous deux leurs rêves, la possibilité d’un trauma concernant Bruce... Il fallait oser développer le côté « freudien » de Hulk et la façon de faire du réalisateur est habile. Les rêves sont un assemblage réussi de souvenirs et de métaphores. Le Hulk est derrière la porte, un peu comme le monstre caché dans le placard qui terrifie l’enfant, et trop longtemps enfermé, il ne demande qu’à sortir. Un accident de laboratoire, durant lequel Bruce encaisse un bombardement de rayons gamma, ainsi que la rencontre avec son inquiétant père naturel (Nick Nolte) assure à la bête la rage nécessaire pour faire surface. La première transformation a lieu dans le laboratoire, en un endroit étroit et compartimenté (peut-être à l’image de la raison ou d’un esprit) et lorsque Hulk s’est tout entier révélé, le lieu est bien trop petit. Cette énorme boule de muscles et de nerfs, pleine de colère, brise murs et plafonds pour profiter d’un plus grand espace et d’une totale liberté de mouvements. C’est ainsi que la verte créature refait surface avec le passé refoulé par Bruce.