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L’ETRANGE HISTOIRE
DE BENJAMIN BUTTON

de David Fincher, maître du Temps et de nos émotions
Par Laetitia HEURTEAU

SYNOPSIS : « Tu ne sais jamais ce qui peut t’arriver ! » Une réplique qui ressemble étrangement à celle d’un certain Forrest Gump (« La vie c’est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! »). Coïncidence, coïncidence ? Eh bien non ! Puisque c’est justement le même brillant scénariste, Eric Roth, qui signe l’écriture de Benjamin Button, adapté d’une nouvelle de F. Scott Fitzgerald.



POINT DE VUE

L’écriture captivante et incontestablement originale d’Eric Roth est servie ici par une mise en scène ambitieuse et efficace de la part de David Fincher qui nous avait habitué à des films beaucoup plus tourmentés et violents (Se7en, Fight Club, Panic Room).

Ecriture captivante dans le sens où c’est un souffle épique qui parcourt la vie de ce personnage étonnant de simplicité pour quelqu’un qui naît « différent » : c’est un curieux bébé, à la peau fripée et aux os arthritiques qui va naître en 1918, le jour où la fin de la guerre est annoncée. Abandonné par son père, dévasté par la mort de son épouse et la laideur de son fils, le petit Benjamin va être recueilli par la douce et maternelle Queenie, directrice d’une maison de retraite.

C’est là que va grandir d’une manière bien curieuse Benjamin : le jeune « vieillard » ne déparait pas parmi les retraités de sa chère Queenie. Sa curiosité est pourtant bien celle d’un enfant de sept ans, enfermé dans le corps débile d’un vieil homme de quatre-vingt ans.

Le film se propose ainsi de suivre de manière inversée le parcours d’un homme qui à mesure qu’il mûrit en sagesse, rajeunit physiquement. Sa rencontre avec une petite fille puis une femme ravissante (magistralement interprétée par Cate Blanchett) va lui faire goûter aux joies de l’amour mais aussi à l’angoisse de perdre cette dernière car les velléités du Temps sont implacables : alors que la belle Daisy va progressivement devenir une vieille femme, Benjamin est programmé pour mourir en nouveau-né.

Cette intrigue aurait pu très facilement tomber dans le grotesque et mélanger maladroitement les tons (mélodrame poussif ou comédie outrancière). Or ici, chaque personnage (principal comme secondaire), chaque séquence, chaque morceau musical illustrant la scène, chaque différence de photographie, montage et prise de vue, a sa place dans l’agencement de cette fable qui ressemble à celle d’un film de Tim Burton.