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JEAN-JACQUES MOREAU
Comédien
Entretien réalisé le 26 août 2008
par François JUSTAMAND
Remerciements à Olivier BOISSON

Quel cinéphile ne se rappelle pas du personnage du motard de la police qui se fait malmener par Louis de Funès (il lui tire un poil sur son « poireau ») dans Les aventures de Rabbi Jacob (1973) ? Eh bien, le comédien qui jouait ce motard n’est autre que Jean-Jacques Moreau que nous avons interrogé sur sa carrière et qui, lui aussi, fait du doublage de films.



La Gazette du doublage : Comment êtes-vous devenu comédien ?

Jean-Jacques Moreau : Je suis arrivé à la comédie par le décor. Je repeignais un intérieur de chalet pour Altitude 3002 de Lucien Lucher et il manquait un comédien. Ma mémoire étant bonne, j’ai appris très vite le rôle. Puis on m’a conseillé un cours, celui de Périmony, et le chemin s’est vite tracé, avec pour amie Anne Alvaro, Jean-Luc Moreau et Jean Paul Farré. Mais j’ai toujours gardé une âme de bricoleur. Je reste très attaché à la partie technique. J’aurais voulu être décorateur. J’aime bien ce qui reste. Nous, les comédiens, nous sommes des sculpteurs de glace. Ce que l’on fait est effacé le lendemain !

La Gazette du doublage : Quels sont vos meilleurs souvenirs de théâtre, films, téléfilms... ?

Jean-Jacques Moreau : Avec les artistes que j’ai cités, nous avons joué des pièces montées par Denis Llorca, alors grand metteur en scène de théâtre. C’était toujours une partie de rigolade, avec un travail hors du commun, mais on ne se prenait pas la tète. Nous jouions et nous étions passionnés. Nous ne pensions pas au cinéma ; ce n’était pas une priorité comme maintenant. Le milieu cinématographique était tenu par des gens plus âgés que nous. Nous ne les intéressions pas et c’était bien comme cela. Au théâtre, nous répétions 12 à 15 heures par jour et il n’y avait pas de place pour le cinoche !
Dans un spectacle de Llorca, Les Kings, d’après Henry VIde Shakespeare, il y avait une scène où le feu était omniprésent, dangereux, un comédien a pris feu, c’était terrible. Nous nous sommes roulés dessus, nous l’avons éteint, puis il est parti à l’hôpital. Le spectacle durait huit heures. Au bout de ce temps, il est revenu jouer sa dernière scène avec nous. Faut dire que c’était Raoul Billeret, un costaud, qui a fait Le chevalier de Pardaillan (1962) avec Jean Marais. Mais enfin, je ne conseillerai à personne de suivre cet exemple. Nous étions fous, et ce Llorca nous aurait emmenés au bout du monde.
Plus tard le cinéma s’est présenté à moi avec un film de Lautner, Il était une fois un flic, avec Mireille Darc et Michel Constantin. Comme les films à cette époque étaient pratiquement resynchronisés, on se doublait soi-même. Alors, tout naturellement, j’ai fait la connaissance des équipes de doublage.