Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 




La Gazette du doublage : Quel a été votre premier doublage ?

Jean-Jacques Moreau : Un film de Michael Cacoyannis avec Jean Pierre Dorat comme chef de plateau. J’ai été lamentable car je n’arrivais pas à suivre la bande rythmo. Le numérique n’était pas encore là et on ne pouvait pas rattraper les erreurs. Il fallait être juste et ce n’était pas mon cas. Donc à cette époque je suis resté longtemps sans en faire.
Beaucoup plus tard, Rémy Kirch, un ami disparu depuis, m’a remis le pied à l’étrier, et cela a été chouette. En 1983, nous jouions une pièce, La mort accidentelle d’un anarchiste de Dario Fo, qui a eu beaucoup de succès. Les gens du doublage se sont déplacés et je suis réapparu dans les studios d’enregistrement.
Pour moi, c’est toujours la fête de doubler ; la curiosité sans doute. On rencontre des amis que l’on n’a pas vus depuis longtemps. Et puis voir ces grands acteurs américains, c’est très enrichissant. Ils repassent devant vous 10 ou 15 fois en boucle et nous nous sentons en osmose avec eux. Nous avons même l’impression de jouer leur rôle, à un niveau modeste bien entendu. Disons qu’à un petit instant, on a cette impression de faire parti du film ; de l’avoir tourné en vrai. Ce n’est pas péjoratif de doubler ; je ne me sens pas minimisé de me prêter à ce jeu qui en vaut bien d’autre.

La Gazette du doublage : Pouvez-nous dire quels acteurs vous avez doublé ?

Jean-Jacques Moreau : J’ai doublé plusieurs fois Dustin Hoffman : Confidence (2003), Adieu Cuba (2006), Le Parfum : histoire d’un meurtrier (2006) et Le merveilleux magasin de Mr Magorium (2007).
J’ai aussi prêté ma voix à Ben Kingsley dans Sexy Beast (2000), Harvey Keitel dans Ginostra (2002)… C’est très éprouvant car il a un registre très large. Il change souvent de vitesse d’interprétation, de voix, c’est épuisant, mais qu’est-ce c’est bien ! On se sent pris par une force « surnaturelle ».

La Gazette du doublage : Quels sont vos meilleurs souvenirs de doublage ?

Jean-Jacques Moreau : Je n’ai pas de souvenirs précis lors des doublages car se sont souvent des petites interventions ponctuelles du chef de plateau en fonction du jeu des acteurs. Cela tient souvent à des plaisanteries de potaches d’étudiant qui ne sont pas racontables, mais très drôles !

La Gazette du doublage : Quels sont vos prochains projets artistiques ?

Jean-Jacques Moreau : Pour l’instant mes projets sont au théâtre. Je ne tourne pratiquement plus car les équipes de tournage ont changé ; on ne me connaît plus. Je ne suis pas amer car je n’ai jamais été très important au cinéma. Ce que j’ai fait, cela tient déjà du miracle. Je ne me trouve pas fameux à l’écran... Et au théâtre, j’ai eu beaucoup de chance de jouer jusqu’à maintenant. Alors comme il n’y a pas de limite d’âge dans notre profession, je suis sûr qu’il me reste encore quelques belles pirouettes en perspectives.