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FOUINES
de Yoann Bomal
Par Nicolas VILLODRE

Il y a les longs, de plus en plus longuets d’ailleurs, métrages. Il y a les courts, et les nombreux festivals qui vont avec. Et il y a, il faut bien le dire, plus rarement, les moyens métrages dont fait partie le film de Yoann Bomal, réalisé en marge de ses cours de cinéma à Jussieu, projeté en séance privée, en janvier 2009, à la Pagode.



Le moyen métrage de Yoann Bomal, Fouines, réalisé dans le cadre des études de cinéma de Paris 7 – la fac montante en cette matière ! –, est à la fois une parodie, un pastiche à postiche (cf. le masque de la bestiole et les maquillages SFX), un pseudo-polar et un échantillonnage d’effets et de figures de style du cinéma narratif le plus classique.

Malgré quelque défaut mineur ici ou là – faiblesse ou paresse scénaristique, deux ou trois prises de vue hasardeuses ne tenant pas compte du cadre final d’exploitation, en ce satané 16/9èmes dont personne ne veut, la figuration de l’animal qui aurait pu tout simplement être suggéré –, le film se tient. Il est cohérent comme un épisode de Nestor Burma, personnage incarné à la télévision par le décontracté Guy Marchand, à qui le jeune enquêteur dégarni semble avoir emprunté le galure et certains traits. Il a du chien, du punch, du rythme. Il fait des bonds et des rebonds, dès le pré-générique qui nous est livré en prime, sus ou bonus. Autant sinon plus que les séries américaines diffusées sur les chaînes du câble.

Le réalisateur maîtrise son affaire et son petit monde. La photo de Romain Baujard est remarquable, le montage de Marine Oury, exemplaire. Les effets dramatiques et même fantastiques sont vraiment bien amenés. Les transitions musicales et les contreponctuations sonores sont d’une rare efficace. Sans parler de la direction d’acteurs, que nous ne confondrons pas avec le casting qui est, il faut bien le reconnaître, moins convaincant (certains acteurs n’ont pas l’âge du capitaine, autrement dit de leur rôle et cela coupe la chique), dans le style naturaliste, d’une justesse rare. Les deux jeunes filles, la blonde et la brune, Cécile Elias et Aurore Guilbaud (si je ne docteurm’abuse), sont excellentes.