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THE DARK KNIGHT
de Christopher Nolan
Par Benjamin FAURE

SYNOPSIS : Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...



Préserver l’espoir face au chaos, telle est la mission que se fixe le chiroptère de Gotham. La tâche est noble mais colossale car le chaos partout s’installe. A cette fin, le chevalier noir offre son sacrifice...

Echappé des ténèbres

L’Epouvantail à présent n’effraie plus. Scarecrow (Cillian Murphy), le précédent vilain, n’est plus à craindre. Une autre progéniture crachée par les enfers est prête à lui succéder. Ce nouveau « freak » est ambitieux, il aspire à devenir directeur général de la pègre locale, il est fourbe et rusé et il a surtout... le sens de l’humour. « Why so serious ?! » s’exclame le Joker (feu Heath Ledger dans un rôle magnifique et écrasant, qui envoie d’une chiquenaude son devancier Jack Nicholson au tapis). Il n’a ni règle, ni limite. Il incarne le mal, le chaos qui se déverse avec facilité sur une métropole égrotante. Ses menaces sont proférées comme d’autres invitent au jeu : « démasque-toi ou les morts vont pleuvoir ! ».
Ses cibles heurtent l’opinion courante et d’autant plus l’extrême sensibilité américaine : un hôpital réduit en cendres ou, pour gêner le passage du cortège de policiers qui protègent le procureur Dent, un camion de pompiers transformé en brasier gigantesque (les soldats du feu sont un symbole ô combien précieux aux yeux des Américains depuis le 11 septembre 2001). Le Joker instille partout désordre et confusion : le masque du joker-bouffon n’est plus une invitation à rire mais à frémir à nouveau ; lors de ses diaboliques mises en scène, il change les otages en terroristes sur les ferrys ou ailleurs lorsque ceux-ci portent bien malgré eux des masques de clown ; enfin mis hors d’état de nuire, l’infernal bouffon est suspendu en une ironique position, la tête en bas. C’est ainsi que, par ses inversions en série, il s’affiche comme une figure quasi antichristique. Le Joker s’efforce de démontrer que l’homme est égoïste et, presque comme lui, « vilain » (« ignoble » au sens étymologique). Pourtant, lors de la scène des ferrys, la population de Gotham, les citoyens comme les anciens criminels, le contredisent. Toute la complexité humaine est alors affichée puisque les actes ne suivent pas les paroles, ni les paroles les actes.