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DVD

REDUCTEUR DE TETES

De Richard Elfman
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Dans un quartier de New York, trois jeunes amis, Tommy (Aeryk Egan), Bill (Bo Sharon) et Freddie (Darris Love), font face à une bande de voyous menée par Vinnie (A.J. Damato). Pour se faire respecter par Big Moe (Meg Foster), la patronne de la pègre locale, Vinnie assassine les trois adolescents. Ce qui lui laisse aussi le champ libre pour courtiser Sally (Rebecca Herbst) qui était éprise de Tommy. Monsieur Sumatra (Julius Harris), un ancien Tonton Macoute de la dictature Duvalier à Haïti, devenu vendeur de journaux aux Etats-Unis, se doute de l’assassinat. Il emploie ses pouvoirs vaudous pour ressusciter Tommy, Bill et Freddie sous forme de têtes réduites. Avec leurs nouveaux pouvoirs, les trois amis vont se charger d’assouvir leur vengeance.



POINT DE VUE

Réducteur de têtes est l’un des nombreux films fantastiques à petit budget dont la production revient à Charles Band, qui semble avoir un penchant pour les histoires de poupées tueuses. En effet, après Dolls (Stuart Gordon, 1987), il produisit Puppetmaster (David Schmoeller, 1989), qui s’avéra un véritable filon, décliné en de multiples suites. C’est aussi le deuxième long-métrage de Richard Elfman, après la très étrange comédie musicale Forbidden Zone (1980), située dans la sixième dimension. Le thème de Réducteur de têtes n’est pas bien neuf, en narrant la vengeance d’outre-tombe de victimes injustement abattues, à l’égard de leurs tortionnaires. L’idée de vengeurs, réduits à l’état de têtes desséchées, volant dans les airs en s’acquittant de nettoyer une ville de ses truands, est certes amusante, mais n’aboutit pas à grand-chose. Elle n’est pas vraiment aidée en cela par des effets spéciaux assez vétustes à base de surimpressions, rendant la vision des têtes en lévitation franchement grotesque.

Mais quelques personnages décalés, quelques bizarreries dans le récit nous rappellent que le réalisateur est bien celui de Forbidden Zone. Meg Foster compose ainsi un gangster fort inhabituel dans ce genre de productions généralement destinées à un public juvénile. L’hommasse Big Moe est en effet une truande lesbienne qui dirige le réseau de racket de la ville. Se conformant par sa gestuelle et ses vêtements à tous les clichés des caïds vus dans maints polars des années 40 et 50, elle traite néanmoins avec égard sa blonde petite amie Mitzi (Leigh Allyn Baker), pour lui éviter toute émotion forte ! On remarquera que la médiocre version française transforme Big Moe en homme, peut-être à dessein de rendre le film moins dérangeant pour le public des années 90. Dû à la plume de Matthew Bright, qui avait contribué à l’écriture de Forbidden Zone, le scénario de Réducteur de têtes apporte une petite pierre à l’édifice de la représentation des morts-vivants à l’écran. Après les zombies véloces de L’Avion de l’apocalypse (Umberto Lenzi, 1980), les zombies violeurs de Porno Holocaust (Joe D’Amato, 1981) et The Necro Files (Matt Jaissle, 1997), puis les zombies développant une intelligence de Land of the Dead (George A. Romero, 1985), voici les zombies dont la décomposition progressive provoque des flatulences !