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BERLINALE 2009

PINK PANTHER 2

de Harald Zwart
Par Nicolas VILLODRE

On n’est pas dans le chic contrefait, le chiche britiche, le chiqué revu et corrigé côté cité des Anges – vous savez ? Blake Edwards and Co. Ni dans le flash-back ni dans le retour des rivières sur canapé de chez Tiffany, dans la refonte dégueulasse, le remake, le ready made, le retournage de la Panthère églantine qui a inspiré leurs gimmicks et leurs gags aux gars du gang de fric-fraqueurs balkaniques amateurs de diamants, de perles de culture et autres Rolex – on ne parle pas ici de Solex.



On est dans la vulgarité saine, la trivialité tonique, la grossièreté gaillarde. Le premier degré, en somme.

Le petit doigt n’est jamais levé plus haut que le bas du dos. On n’est pas vraiment amateur de thé. Ici, jamais de sous-entendu. Aucune fine allusion. Pas de lecture entre les lignes.

L’anti-James Bond est humain, trop même ; ses gadgets, piteux ; sa distraction, fondamentale.

Le vieux flic en uniforme – les films hollywoodiens ont toujours su saluer chapeau bas, comme il se doit, les bons vieux képis cylindriques que nos agents à capeline et nos gendarmes à galons ont refoulés au profit des casquettes à facettes pour têtes plates pompées sur les feuilletons USiens –, est amoureux de sa secrétaire, la belle Nicole. Cet agent sous-doué, rétrogradé, chargé de la circulation, mauvais conducteur de Smart, se métamorphosera par amour en brillant détective et résoudra les cas dont Sherlock Holmes lui-même n’aurait pas osé se charger...

Malgré quelque faiblesse – le rôle de Jean Reno, acteur impassible et impeccable, n’est pas encore parfaitement défini, mais cela viendra peut-être avec le temps : la suite au prochain numéro ; ses lardons ne sont pas plus caractérisés ; les bagarres mériteraient d’être un minimum chorégraphiées ; le jeu avec le mot « jojoba » n’est pas assez délirant –, le film reste « bon esprit », francophile, ce qui, de nos jours, compte tenu entre autres du personnel politique censé nous représenter à l’étranger, est plutôt rare ! Il renoue avec la dérision et la destruction libertaire, pas celle des frères Marx qui ont tant fasciné l’exalté Artaud mais, tout bonnement, avec celle des Laurel et Hardy de notre enfance.

On se souviendra longtemps de la séquence où l’inspecteur Clouseau se propose, a priori sans raison véritable, comme par lubie, de choisir lui-même la bouteille de vin au restaurant italien de la « Plata de nada ». Et de la série de catastrophes qui, sitôt dit, sitôt fait, se déclenchent et qui rappellent l’enchaînement insensé de Big Business (1929)...






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