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BERLINALE 2009

RICKY

de François Ozon
Par Nicolas VILLODRE

Positivons. Au crédit d’Ozon, cinéaste trans-genres au même titre que, par exemple, Kubrick, la durée idéale de l’opus : quatre-vingt-dix minutes chrono, tétécé, générique inclus. Le choix d’une comédienne, de télé, certes, de boulevard, d’accord, mais qui se révèle photosensible également au ciné. Ce, dès le départ, dès l’entame, dès le premier plan, un flash-back vraiment très rapproché : Alexandra Lamy, offerte profil gauche, maquillée nature, sous-maquillée mais maquillée quand même, pas possible autrement, dans une tirade de petite mère Courage, ch’ti ou pas, n’importe, banlieusarde, engrossée, délaissée, s’adressant à un ou une assistant(e) social(e) hors champ – autre définition du spectateur.



Du réalisme socialiste des films « engagés » des années post-soixante-huitardes dont les stigmates de la photo banale, bâclée, glauque en général et la séquence de baise dans les toilettes de l’usine en particulier, toutes deux délibérément grossières, sont les signifiants, on passe brusquement au registre de la « fantaisie », au sens anglo-saxon du terme qui a à voir plus avec la féerie qu’avec l’humour véritable. On se retrouve donc dans un conte à la Marcel Aymé (cf. Le Passe-muraille) ou à la Claude Autant-Lara (Sylvie et le fantôme).

On (Ozon) réemploie Mlle Lamy là où on (le télespectateur) l’avait quittée, dans Cousin-cousine, ou plutôt Voisin-voisine, ou plutôt Un gars-une fille, c.à.d. dans le jeu de comédienne de comédie, dans son répertoire et ses gammes habituels, dans son emploi de Chouchoute. La mise en scène, dès lors, se met au vert. En pilotage automatique – Sergi Lopez et les deux enfants sont très bien, soit dit en passant, la question n’est pas là. Passée la surprise du début, le rebond fantastique du milieu, le film ne décolle pas, si l’on peut dire.

Manquent les gags, les trouvailles, les idées visuelles. Manque au bas mot un an de travail scénaristique – puisqu’on est ici dans le mainstream narratif, pas dans l’expérimental ou même dans le militant. On a la nette impression que le film a été financé (monté) sur la simple idée de son casting et peut-être bien sur une promesse non tenue (une page de synopsis). Ce qui est tout de même, qu’on le veuille ou non, toujours un peu dommage.

Ricky est, du coup, assez mesquin. Voire un peu riquiqui.






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