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BERLINALE 2009

ÉDEN À L’OUEST

de Costa-Gavras
Par Nicolas VILLODRE

Le prénom du producteur Seydoux devient au générique « Jèrôme » au lieu de Jérôme, ce qui n’est pas bien grave en soi mais qui indique tout de même la façon approximative, voire légère, dont le dernier Costa a été conçu, mis en boîte et monté.



D’ailleurs, on n’a pas un mais deux films pour le prix d’un – d’un total de 111’ minutes, nombre sans doute magique du côté de la Mer Égée, qui donne une idée du tempo de la chose. Deux épisodes de séries télé, plus exactement. Dès l’abord ou l’abordage du héros dans un camp de nudistes pas bien loin de St-Trop’, une partie, déjà longuette, faisant songer à un cinquante-deux minutes du feuilleton britannique The Prisoner (avec le regretté Patrick McGoohan, décédé le 13 janvier dernier). La suite, le périple, pour ne pas dire l’Odyssée d’Elias (alias Ulysse), rappelle le feuilleton américain The Fugitive.

Le jeune métèque, comme écrivait Moustaki, ou sans papiers, comme on dit de nos jours, après avoir navigué en père peinard, comme chantait Brassens, se jette à l’eau afin d’éviter les ennuis avec les garde-côtes dont une frégate se montre menaçante et se livre à un tir de sommation. Le héros se réveillera sur la plage privée de L’Eden Club Paradise, dont l’appellation est à la fois pléonastique et connotée « Club Méd’ ».

Un prestidigitateur du Lido, qui fait des heures sup’ au Club, donne sa carte de visite au jeune Juif errant, une tête de turc interprétée par le mignon pouilleux (= originaire des Pouilles) Riccardo Scarmacio, qui sera convoité et harcelé par hommes et femmes, le récit durant.

Tous les lieux communs sont convoqués pour traiter de la Vie de chien actuelle des immigrés, sans papiers et autres SDF. Le seul passage réaliste du film se situe dans l’usine de récupération de tubes catodiques et de circuits imprimés de postes de télévision.

La quête du Graal ou du Lido, autrement dit de la ville-lumière (cf. la tourcifel allumée comme par un coup de baguette magique) remplacera donc celle du Nouveau monde d’antan ou de son ersatz britannique, désormais rendus sinon moins attirants, du moins moins accessibles, que ce soit à pied, à cheval ou en voiture.

Les bons sentiments sont incompatibles avec l’art. On le sait depuis le divin marquis. L’opus de Costa-Gavras a le mérite de se situer du côté des plus faibles et non de celui du manche – pas comme tous ces navetons vus à Berlin, fascinés par le way of live de la middle class américaine.

Mais, malheureusement, le film ne tient même pas ses promesses : en lieu et place du fameux music-hall des Champs-Élysées tant espéré (et des girls qui vont avec !), on a, au finale, droit à quelques plans pris à la sauvette, dehors, vantant l’établissement d’un certain... Jean-Michel Ribes, un des théâtreux les plus sympathiques mais aussi des plus cabots qui soient sur la place de Paris.

Républicains, encore un effort si vous voulez être cinéastes !






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